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Il parle toujours de Johnny Hallyday au présent. Johnny Cabaret a trouvé sa voie en lui consacrant sa vie. Un an après la mort de l’idole, il continue de remplir des salles en comblant un manque auprès des fans. 

Son pays, C’est Johnny  © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
« C’est grisant de rendre les gens heureux ».
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

28.11.2018

JDA 895

Les gens l’appellent Johnny Cabaret. C’est même écrit sur sa carte d’identité (si, si !). Un nom trouvé en 1999 par la responsable des actions culturelles de l’hôpital quand il commença par chanter Que je t’aime devant les personnes âgées de Saint-Victor. Au téléphone, on a cru parler à Johnny (le vrai). Troublant. Puis son texto était signé “Johnny”. « c’est mon nom d’usage. » Seule sa femme Nelly dit encore James, son premier prénom. Il a les mêmes mèches. Les mêmes bagues. Les mêmes diamants aux oreilles. Les mêmes lunettes. La même croix au cou. La même cassure dans la voix. Les mêmes tatouages. Après la mort de Johnny, Cabaret a l’idée d’ajouter le visage de l’idole, clope au bec, sur son mollet : « Je me sens mieux depuis. Maintenant, je l’ai dans la peau ». Dans le confort de son appartement et de ses Crocs noirs (customisés de pin’s à têtes de mort), il nous montre des vidéos de ses prestations. La première : ambiance salle des fêtes et néons au plafond avec des mamies et des enfants en transe. La seconde : soirée huppée, gros cigares, lumière tamisée mais la même folie chez les convives. Johnny rassemble. « c’est grisant de rendre les gens heureux quel que soit leur milieu social », reconnaît Johnny Cabaret. Il carbure jusqu’à trois shows par semaine depuis le décès du “patron” : « Les gens sont en manque ».

UN MÉGOT DU CHANTEUR

À 57 ans, il bosse toujours à l’hôpital où ce brancardier passé à la sécurité est le champion des selfies. Il aurait pu gagner beaucoup d’argent comme d’autres sosies. Sa passion lui en a surtout fait perdre. Car James fut du genre à faire 500 km pour un pin’s. « Un soir, je rentre : il avait vendu la voiture pour acheter un disque d’or », raconte Nelly au milieu de posters de Johnny, de guitares de Johnny, de cendrier avec mégot de Johnny et même d’un fond de vodka récupéré dans une loge. « Un jour, j’ai lancé un CD dans son assiette : “Ton Johnny, il n’a qu’à te faire à manger”. À un moment, toute sa paye y passait. On ne partait pas en vacances. » Son Johnny ironise : « Si... Pour voir Johnny ». Puis, sérieux : « c’est une maladie, je l’avoue ».

DANS LA LOGE AVEC LUI

James a les yeux vairons. « Gamin, on m’a appelé Bowie. » 1976, il tombe dans la marmite Hallyday grâce aux vinyles des frangins. Premier concert en 1979. Il ne loupera plus une tournée : 84 concerts. Et puis ce privilège d’avoir approché la bête en gérant sa loge à Agen en 1995 et à Amiens en 1999. « Il m’avait fait un compliment : “c’est bien, tu chantes avec ta voix”. C’est un grand timide. » c’est. Pas c’était. « Je ne réalise pas encore... Vous savez, chacun se cherche dans la vie. Moi, je me suis trouvé quand j’ai chanté Johnny. »

//Antoine Caux

Concert le 7 décembre, à 19h, salle des fêtes de Vers-sur-Selle