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L’Amiénois a éclaboussé ses rivaux et les championnats de France. Il repart de Montpellier avec trois titres, dont celui de l’épreuve reine du 100 m sur laquelle il s’alignera à Rio.

Stravius moisson d’avril © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Une victoire ne se construit jamais seul »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

06.04.2016

JDA 794

La natation française déborde de talents. Une pléiade de bellâtres parmi lesquels le polyvalent Jérémy Stravius, 27 ans, dossiste converti au crawl, n’a jamais été le plus grand (1,91 m quand même) ni le plus courtisé des télés et des publicités pour compotes. C’est pourtant ce champion antistar, « ce gentil mec », comme lui reprocherait presque son mentor Michel Chrétien, qui a marché sur l’eau montpelliéraine et sur la concurrence, marseillaise notamment. Sans vouloir se mettre en avant : « Une victoire ne se construit jamais seul ». Sans s’enflammer : « Ce n’est qu’une partie du rêve », dit-il, le bonnet de bain tourné vers les Jeux.

 

L’ENFANCE CHEZ HENRIETTE
Stravius n’a pas attendu 2016 pour bâtir l’un des plus beaux palmarès français (4 titres mondiaux, 17 médailles internationales). Mais avait jusque-là tendance à se transcender en relais ou la malchance de partager son titre mondial individuel en 2011 sur 100 m dos avec Camille Lacourt. Dans ce bain de champions, chacun son rôle. Lacourt : le beau gosse. Manaudou : le petit frère surdoué. Jérémy ? Le discret. Son histoire est pourtant incroyable. Celle d’une crevette de 4 mois placée dans la famille d’Henriette, sa maman-nounou, à Friville-Escarbotin (où il débutera la natation), après que l’un de ses frères a été vu fouillant une poubelle. Lui est toujours resté pudique là-dessus. Mais jamais secret ni revanchard : « J’ai eu la chance d’avoir une bonne éducation grâce à des gens qui m’ont tout appris. Une enfance comme tout le monde finalement ».

 

LE 100 M LE PLUS RAPIDE DE SA VIE
À Montpellier, celui qui a failli tout plaquer en 2014, lassé des levers à 5h45 et des quatorze bornes quotidiennes dans le bassin du Coliseum, qui dit toujours
« nous » (Michel Chrétien et lui) plutôt que « je », aura nagé le 100 m le plus rapide de sa vie en 47’’97, une deuxième meilleure performance mondiale de l’année qui valide son premier ticket individuel pour des JO. C’était un 1er avril et sa victoire sur Florent Manaudou, favori des médias mais troisième et non qualifié, n’avait rien d’une blague. Et deux jours après un premier titre sur 200 m que l’imbroglio sur la touche du champion olympique en titre Yannick Agnel aurait presque éclipsé (encore). Malgré un temps en dehors des minima, “Jéjé” sera repêché et au départ du 200 m à Rio en plus des relais 4 x 100 m et 4 x 200 m. Un planning qui pourrait faire de lui l’homme de Rio.

//Antoine Caux