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Pour lui, la vie est un combat de boxe. Préférant être « un loup qu’un mouton », Ouissam Hattab, 28 ans, a créé sa marque de vêtements, Hattab 1949. 

Sur le ring de la vie  © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
« Je dis
 aux jeunes : “Soyez persévérants. Croyez en vous. Faites un bisou sur le front de votre mère et allez-y” »
© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

15.04.2015

JDA 755

« Le matin, je prends mon thé aux fruits rouges et je m’y mets. » Ouissam se rend alors dans son atelier, derrière le cirque. Au mur, un dessin de son père. Au centre, un carrousel à sérigraphie. C’est son outil de travail. À 28 ans, il est le créateur de la marque de vêtements urbains Hattab 1949, du streetwear/hip-hop. 1949, c’est l’année de naissance de son père, boxeur « ayant démarré dans les rues du Maroc » et mort d’une crise cardiaque le 17 avril 2005 à Guise lors d’un match de son fils, au moment où l’arbitre le désignait vainqueur. Pendant un temps, Ouissam a déposé les gants : « C’était trop dur sans lui. Mais j’espère remonter sur le ring en septembre ». Pas pour être champion. Pour son père, toujours.

 

« J’AVAIS LES PIEDS QUI DÉCOLLAIENT »

Venu d’Amiens Nord, Ouissam a su très jeune ce qu’il voulait : « La boxe ou le business. Être indépendant, ne pas me faire bouffer. Ma mère m’a dit “finis tes études et après fais ce que tu veux”. Je l’ai écoutée, ce que trop peu de jeunes font ». Après un CAP et un BEP, puis des petits jobs dans des grandes chaînes, il claque la porte. « Se faire crier dessus, être un robot en costume cravate, ce n’était pas mon rayon. » D’où Hattab 1949. À ses débuts, il va chez ses beaux-parents, sérigraphes : « Ils avaient cette machine, pleine de toiles d’araignées. Ils m’ont demandé si je la voulais. J’avais les pieds qui décollaient ! ». Depuis, sa marque fait son chemin. Sweats, casquettes, T-shirts, gilets, pour hommes et femmes... Après Amiens, Lille ou Paris, Hattab 1949 est désormais au Maroc : « Là où est enterré mon père ». Un accomplissement. Mais Ouissam est aussi fier de ses racines amiénoises : « Dès que je bouge, je mets mon survêt’ de l’ASC. Partout, je revendique le 80 ! Aller à l’étranger fait relativiser. La France, ça veut dire quelque chose. On ne se rend pas compte de notre chance ».

 

« IL FAUT AVOIR LA NIAQUE »

Parmi ses modèles, il y a Malamine Koné et sa marque Airness ou Mohamed Dia qui, « de Sarcelles, a pris le RER A pour Paris et s’est fait tout seul ». Pour Ouissam, qui compte parmi ses potes le champion de boxe thaï Numa Decagny ou le footballeur Chouaib Sagouti, ancien de l’ACA, il faut de la persévérance. Comme à la boxe : « Quand tu es sur le ring devant 500 personnes et que le gars en face veut te casser la figure, c’est un défi ». D’où sa philosophie : « Avoir la niaque, la dalle, être un loup. Si tout le monde va à droite, je vais à gauche ». Car Ouissam se méfie des gloires faciles : « C’est du vent. Quand je parle aux jeunes, je leur dis : “Soyez persévérants. Croyez en vous. Faites un bisou sur le front de votre mère et allez-y” ». Et il y est allé.

//Jean-Christophe Fouquet