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Trois directeurs artistiques de compagnies amiénoises évoquent cette période inédite qui fragilise le monde de la culture.
 Entre incertitude, colère et envie de retrouver le public. 

Sur les tréteaux…pas trop tard 1 © Irwin Leullier
La Compagnie Yaena.
© Irwin Leullier

13.05.2020

JDA 943

Mavikana Badinga. Olivier Mellor. Alexis Tripier. Le début du confinement a sonné pour ces directeurs artistiques de compagnies de théâtre amiénoises l’arrêt brutal de leurs créations et l’annulation de leurs représentations. « Nous étions dans une belle énergie, décrit Mavikana Badinga, de la Cie Yaena, en résidence à l’espace Picasso de Longueau. On a été coupé dans notre élan. » Joué avant le début de la crise sanitaire, Chiot de garde, son dernier spectacle, a heureusement pu être repéré et programmé pour décembre 2020 et janvier 2021. Mais cela sera-t-il possible, même dans six mois ?

 

QUAND LES SALLES ROUVRIRONT-ELLES ?

« Nous n’avons aucune visibilité, les structures ne savent pas quand elles rouvriront, que ce soit pour reprendre les répétitions ou accueillir du public. La distanciation dans les salles et sur le plateau est difficilement envisageable », poursuit Mavikana Badinga. Comédienne et danseuse, l’artiste répétait encore avec la Cie Correspondances à la veille du confinement. Et préparait en parallèle son Bal Respire au Safran, repoussé en décembre. « Cette période m’aura quand même permis de m’engager comme jamais dans le dossier de ma prochaine mise en scène », sourit-elle. Mêmes incertitudes du côté de la Cie Issue de secours qui, le 1er mai, aurait dû emmener le public dans sa Balade du velours jusqu’à l’usine Cosserat pour y présenter Les Tisseurs d’instants.

 

Sur les tréteaux…pas trop tard 3 © Adeline Chopin

La Compagnie Issue de secours.

© Adeline Chopin

 

ARTISTES ET TECHNICIENS SUR LE CARREAU

« 20 artistes et techniciens sur le carreau, c’est un coup dur, témoigne Alexis Tripier, son responsable. Nous construisions le décor quand les magasins ont fermé. Léo-Lagrange et la Maison du théâtre reconduisent nos projets la saison prochaine. Cela nous donne quelques perspectives... » D’autres spectacles annulés n’ont pas cette chance : « La saison sera morte pour les compagnies d’arts de la rue », regrette Mavikana Badinga. « On a perdu nos dates au Festival des parenthèses de Pornic cet été », appuie Olivier Mellor, l’homme à la tête de la Compagnie du Berger. La troupe devait aussi créer La Noce de Brecht fin mars au Centre culturel Jacques-Tati puis la jouer en juin à La Cartoucherie de Vincennes.

 

Sur les tréteaux…pas trop tard 2 © Ludo Leleu

La Compagnie du Berger.

© Ludo Leleu

 

L’URGENCE DE JOUER

« Pour le moment, la plupart de nos dates sont reportées. Mais si elles devaient l’être une seconde fois, ce serait catastrophique. Les salles ont déjà des plannings remplis pour 2020-2021. On a peu de réponses. Et reste l’incertitude du calendrier électoral », regrette Olivier Mellor. Le confinement a signé aussi pour tous ces artistes l’arrêt des ateliers menés dans les établissements scolaires, les centres culturels, les actions de sensibilisation dans les quartiers... Exit les représentations de fin d’année. « L’un de nos intervenants ne vit que de ça », déplore Alexis Tripier. La prolongation des droits des intermittents jusqu’en août 2021 annoncée le 6 mai dernier est un soulagement. Mais ne règle pas tout. L’urgence est de jouer et de retrouver l’effervescence du spectacle vivant. De revoir le public.

//Coline Bergeon