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C’est l’automne. Les rues se couvrent de feuilles dorées. Mais que deviennent celles-ci une fois soufflées et ramassées par les services espaces verts et nettoiement ? 

Tapis vert(ueux) © Noémie Laval
Chaque année, quelques jours avant la Toussaint, 
les agents du service espaces verts aident le personnel 
des cimetières à déblayer 
les feuilles des tombes 
et des allées.
© Noémie Laval

06.11.2019

JDA 927

Lundi 28 octobre au cimetière Saint-Pierre. Les agents du service espace verts du secteur Nord déblaient les feuilles d’automne des allées, pelouses et sépultures. « Une intervention exceptionnelle, décrit Clément Delaruelle, chef d’équipe. On prête main-forte une fois par an au personnel des cimetières la semaine précédant la Toussaint. » De mi-octobre à fin novembre, suivant la météo, le ballet des souffleuses thermiques et électriques et des ramasseuses tractées se joue plutôt dans les parcs, squares et jardins publics amiénois. Les équipes du service nettoiement s’occupent quant à elles des feuilles recouvrant la voirie et les trottoirs. Car, bien que joli, ce tapis mordoré peut s’avérer glissant en cas de pluie et obstruer les caniveaux. « Pour le moment il n’a pas fait très froid, les arbres sont encore verts, constate Clément Delaruelle. On attend qu’il gèle pour que tout tombe. » Ce matin, au cimetière, les agents soufflent les feuilles dans les allées afin que les ramasseuses les recueillent facilement.

 

COMPOST ET ÉLECTRICITÉ

« Quand c’est possible, comme au parc Saint-Pierre ou à la plaine Saint-Ladre, nous les regroupons aux pieds des haies, des massifs arbustifs et des arbres. Leur décomposition apporte de la matière organique. Ne pas les évacuer est aussi bon pour le bilan carbone. » Les feuilles ramassées sont déversées dans une benne utilisée également par le service nettoiement. Différents points de stockage sont ainsi répartis à travers la ville. « Durant cette période les bennes sont quasiment ramassées tous les jours. » Une jolie récolte qu’Amiens Métropole valorise auprès d’Idex Environnement Picardie à l’espace industriel nord. Pionnier des énergies renouvelables, Idex a pris en charge en 1988 la première usine française de méthanisation de déchets ménagers et verts. Chaque année 100 000 tonnes y sont valorisées. Dont environ 500 tonnes de feuilles mortes. Une moitié est réduite en compost, l’autre, souillée par du plastique notamment, part avec d’autres déchets dans des digesteurs, où des bactéries les transforment. Cette décomposition produit du biogaz. « Environ 11 millions de m3 par an », précise Gontran Delamaere, directeur de l’usine.

 

DES ÉCONOMIES À LA CLEF

Le gaz fait tourner des moteurs qui génèrent de l’électricité – « l’équivalent de 4 200 foyers par an au total » – réinjectée ensuite dans le réseau EDF. La chaleur produite par la méthanisation permet en outre de faire fonctionner le système ainsi que de chauffer les bâtiments de la station d’épuration d’Ambonne. La matière sèche résiduelle – le digestat – sert enfin d’engrais revendu aux agriculteurs. « Les 500 tonnes de feuilles produisent entre 140 et 150 tonnes de compost normé chaque année », poursuit Gontran Delamaere. Une gestion optimale aussi vertueuse pour l’environnement que notre porte-monnaie. Cette valorisation, couplée à l’amélioration du tri dans les foyers, a en effet contribué à réduire de 10 % la taxe d’enlèvement des ordures ménagères à Amiens Métropole en 2018. Décidément dorées ces feuilles !

//Coline Bergeon

 

En chiffres

Amiens compte plus de 40 000 arbres. En 2018, 15 400 tonnes 
de déchets verts issus des trois déchetteries amiénoises et des ramassages effectués par les services espaces verts et nettoiement de la Ville, dont
 500 tonnes de feuilles mortes, ont été valorisées à l’usine de méthanisation Idex.