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Architecte du centre d’interprétation au Mémorial de Villers-Bretonneux, cet Australien parle d’Amiens comme d’une « ville idéale » qu’il croque quotidiennement dans son carnet à dessins.

Timothy Williams l’Austramiens © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Amiens est un modèle unique. Un bijou »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

26.04.2017

JDA 836

Un français impeccable. Sans accent. « J’ai peut-être un petit goût picard dans la voix désormais », nuance-t-il. Timothy Williams a des airs de Robin Williams, l’acteur dont il partage le nom et surtout la malice dans le regard. Des yeux bleus cerclés de lunettes rondes qui brillent pour Amiens. Une ville où cet architecte originaire de Sydney a posé ses valises en 2015. Avec deux autres confrères et le cabinet Cox Architecture, il venait alors de remporter le concours du centre d’interprétation Sir John Monash au Mémorial australien de Villers-Bretonneux, là où sont inscrits les noms de 11 000 soldats australiens morts en France durant la Grande Guerre.

 

LE GRAND-ONCLE MORT AU COMBAT

L’architecte de 56 ans suit au quotidien le chantier enterré sous le Mémorial. Un projet financé par le gouvernement australien qui attend 100 000 visiteurs par an à partir de 2018. « Un passage obligé, selon Timothy Williams, notamment pour les jeunes qui sont de plus en plus intéressés. Les commémorations de l’ANZAC DAY (le 25 avril, ndlr) sont très présentes dans nos vies. Dès notre enfance. C’est une journée tout en silence, en respect. Imaginez que 10 % de la population australienne est venue combattre en France. » 47 000 soldats ne rentreront pas au pays. Parmi eux, son grand-oncle, « un garçon ordinaire de 18 ans » dont personne n’avait vraiment parlé dans la famille. « Je suis le premier à m’être recueilli devant sa pierre tombale. C’était si émouvant, comme s’il m’attendait. Ce jour-là, je me suis dit : “Ce projet de centre d’interprétation est pour moi.” ».

 

MALRAUX DANS LA VOITURE

Gamin, il a vécu dans la Loire. Est revenu à Paris pour le travail dans les années 1990. Et il y a deux ans, cet amateur de Schumann et de Léo Ferré, qui écoute des discours d’André Malraux durant les vingt kilomètres de voiture jusqu’à Villers-Bretonneux, s’installe donc à Amiens. Il se prend de passion pour la ville : ses habitants, son histoire, son organisation, son architecture, ses paysages. « Mon plus grand plaisir est de flâner avec mon carnet de croquis. » Un carnet avec lequel il immortalise les rues. « Amiens est un patchwork. Un modèle unique. Un bijou. Les grands axes sont passés à côté. C’est ce qui fait sa force : il y a tellement d’espaces verts, de culture… C’est une ville idéale. Juste assez grande pour être une ville avec tout ce que l’on veut. » Une ville où, dit-il encore, ses compatriotes sont « touchés d’être accueillis si chaleureusement ». Une ville pour laquelle l’urbaniste foisonne de projets. Dont celui de parsemer dans Amiens les coffrages triangulaires qui ont servi à la charpente du centre d’interprétation. « Des triangles bleus comme la waide et symbolisant le “A”. » A comme Australie, comme Amiens. Comme amitié.

//Antoine Caux