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Pascal Mériaux, directeur d’On a marché sur la bulle, donne son éclairage sur le report du 25e festival et sur cette édition alternative qui joue à domicile (le vôtre). 

« Un festival qui s’invite chez les gens » 1 © Aude Mermilliod

03.06.2020

JDA 946

JDA : Comment avez-vous vécu l’annulation du festival ?

« Un festival qui s’invite chez les gens » 2

© Marie-Luz Ceva-Mériaux  

Pascal Mériaux : Cela a été l’abattement et la sidération. Au moment même où le festival prenait une nouvelle dimension et allait fêter sa 25e édition, tout s’est arrêté. On a dû se réorganiser.

 

Qu’aviez-vous en tête ?

  Au début, on voyait uniquement ce qu’on ne ferait pas. Mais pas ce qui nous permettrait d’exister, quand même, ce mois-ci. Et peu à peu, nous avons eu des envies de lendemains. L’étincelle est venue de Céline Goubet, Élise Devigne et Axel Colin. Puis tout s’est embrasé jusqu’à l’idée d’un festival qui s’invite chez les gens. Car la bande dessinée a aussi le pouvoir d’aller au-devant de son public. Nous avons ainsi pu conserver le lien que nous avons toujours eu avec les auteurs. Et défendre la rémunération de ces artistes, en leur passant des commandes.

 

Les auteurs ont joué le jeu ?

  Nous avons été saisis par l’inventivité, la richesse de leurs productions. On y parle d’Amiens, du festival, de ce printemps de confinement, de l’état d’esprit du moment. Le besoin de nature saute aux yeux. Et quand nous avons reçu l’affiche, demandée en urgence à Alexandre Clérisse, nous avons eu des frissons, tellement elle est pertinente.

 

La publication s’adresse aussi aux enfants...

  Oui, c’était l’occasion de parler du médium en lui-même, de poursuivre notre travail pédagogique d’autant que nous faisons partie du comité de pilotage de l’année de la BD 2020 du ministère de la Culture.

 

Avez-vous d’ailleurs pu boucler vos projets pédagogiques ?

  Les équipes se sont mobilisées pour aller au bout des choses et finir lectures, votes et initiation au médium bande dessinée en ligne. Il y a eu un vrai élan couronné par les trois prix de nos jeunes lecteurs : les collégiens de la Somme, ceux de l’Oise, et les lycéens des Hauts-de-France.

 

Quid des expositions initialement prévues ?

  Tout est reporté à juin 2021. Dont les expositions consacrées à Cyril Pedrosa, celle sur la place des femmes dans la société vue par le prisme du neuvième art ou encore notre travail sur archéologie et BD avec le Louvre et le Musée de Picardie. Et tout sera encore mieux peaufiné !

 

Comment se poursuivra cette année de la BD ?

  Nous prévoyons, entre septembre 2020 et juin 2021, plusieurs temps forts en direction de tous les publics. Nous nous sommes tournés vers les scènes conventionnées de la Région pour échanger avec les autres arts. On déconfine la BD.

//Propos recueillis par Jean-Christophe Fouquet

 

Tolkien : c’était déjà sa guerre

Scénariste de BD, dont la trilogie Krys Farrell, l’Amiénois Emmanuel Beaudry fait partie des auteurs sollicités par On a marché sur
 la Bulle pour son ouvrage collectif (lire ci-contre). Mais avant cela, il s’était attaqué à un sujet qui lui trottait dans la tête : la bataille de la Somme vue par J.R.R. Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux. Avec Corentin Lecorsier au dessin, il a raconté « ce que Tolkien a vécu ici et son importance sur son œuvre ». Soit quatre mois qui s’achevèrent à l’hôpital pour cause de fièvre des tranchées. Tolkien ne s’étant jamais étendu sur ces événements, le scénariste a dû mêler histoire et interprétation : « Les premiers chars d’assaut, c’est à Thiepval, et il s’y trouvait. Quand il décrit ses dragons, on dirait qu’il parle de chars ». Son rôle dans l’armée peut aussi être une piste pour comprendre le futur créateur de langues imaginaires : « Officier de communication, il a notamment géré l’envoi
 de codes ». Emmanuel Beaudry a par ailleurs sorti en avril
 le premier tome de Gaïa Senshi. Confinement oblige, 
il n’apparaît que maintenant dans les rayons.

//Jean-Christophe Fouquet

J.R.R. Tolkien et la Bataille de la Somme. Dans un trou, sous la terre, d’Emmanuel Beaudry et Corentin Lecorsier (À Contresens éditions)

 

« Un festival qui s’invite chez les gens » 3

© Beaudry / Lecorsier, À Contresens éditions