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Les fouilles de la rue Gloriette rebroussent l’histoire, du XVIIIe siècle à l’époque gallo-romaine, quand Amiens était le “pont sur la somme” et les habitats aisés des domus. Visite publique le 7 décembre. 

Une domus à Samarobriva 1 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

04.12.2019

JDA 931

Tous les jours jusqu’au 13 décembre, ils sont une demi-douzaine à enfiler les bottes pour répertorier les informations enfouies rue Gloriette, là où se trouvait jusqu’en 2010 la maternité Sainte-Thérèse. Scrutée par le service d’archéologie préventive d’Amiens Métropole, la terre livre ici ses secrets une dernière fois : une résidence seniors y verra ensuite le jour. « Nous n’allons pas au plus profond, précise la maîtresse des opérations, Josabeth Millereux-Le Bechennec. Nous n’analysons que ce qui sera détruit. » Soit des vestiges de caves d’un hôtel particulier du XVIIIe siècle. Mais aussi, plus rares, d’un faubourg des XIIIe et XIVe siècles. Et, enfin, d’un habitat gallo-romain, du Ier au IIIe siècle : une petite voie intérieure avec une domus de chaque côté.

 

CONFORT MODERNE

« Contrairement aux immeubles, une domus est une maison urbaine chic, distingue l’archéologue en chef. Dans ce genre d’habitat d’au moins 450 m2 à Samarobriva, au plus 2 800, plusieurs générations pouvaient loger avec leurs esclaves. » Impossible de déterminer la composition exacte de celles-ci. « Cela reste parcellaire, d’autant qu’au Moyen Âge, on a récupéré des pierres et creusé des fosses et des silos. »

Une domus à Samarobriva 2 © NEP

Le sol rougi témoigne d’un ancien incendie. Au centre : la voie romaine calcaire.

© NEP

 

AU CŒUR DE LA CITÉ

Une galerie d’environ 25 m de long, probablement couverte et donnant sur un jardin, est discernable. Ainsi que deux grosses pierres d’angle, entre lesquelles étaient érigés des murs en torchis peints. « Nous avons aussi relevé des restes d’un foyer en briques : alimenté par un esclave, cela servait à chauffer la maison par le sol et les murs. » Cet habitat aisé, probablement occupé par des propriétaires terriens ayant des villas à la campagne, se trouvait entre le théâtre (derrière la gare du Nord) et l’hyper-centre composé de l’amphithéâtre (sous l’actuel hôtel de Ville) et du forum (au sud de La Poste et place Gambetta), « où l’on traitait les affaires et faisait les déclarations ». Soit au cœur de la riche cité. Avec le dépérissement de la ville à partir du IIIe siècle, l’endroit va se retrouver abandonné. Puis reprendre vie au Moyen Âge, dans ce qui deviendra le faubourg de Richebourg. Un clin d’œil au luxueux passé ?

//Jean-Christophe Fouquet

 

Portes ouvertes des fouilles rue Gloriette, le 7 décembre, de 13h30 à 16h30

 

Mais où 
était le pont ?

À l’époque gallo-romaine, Amiens était nommé Samarobriva, le pont sur la Somme. Conformément à La Guerre des Gaules de Jules César. Un probable raccourci opéré dès l’édification de la ville, car César évoquait dans son texte un habitat gaulois dont aucune trace n’a été trouvée. Tout cela
 se passait-il plus en aval ? Le mystère reste entier.

 

LE CHIFFRE

200

C’est, en hectares, 
la superficie approximative de Samarobriva au faîte de sa gloire, avant 
les invasions barbares. Soit plus que Lutèce, le futur Paris. Avec le déclin de l’Empire romain, la ville aux voies rectilignes va se rétracter et se fortifier. Entre 
les murs : seulement une vingtaine d’hectares !