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Vingt ans après avoir créé le leader mondial de l’unidose stérile, Patrick Colin met ses compétences au service d’autres dirigeants d’entreprise. Un exemple de réussite… et de fidélité à Amiens.

Une dose de solidarité dans le libéralisme © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
Patrick Colin, 65 ans, créateur d’Unither, leader mondial de l’unidose stérile, accompagne désormais les dirigeants d’entreprise au sein de Picardie investissement.
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

23.03.2015

JDA 752

« Quand je suis arrivé à Amiens, en 1978, la ville ne m’a vraiment pas séduit ! Je pensais rester deux ans, j’étais au début de ma carrière. Puis j’ai épousé une Amiénoise et je suis resté… » D’origine parisienne, Patrick Colin raconte aujourd’hui l’anecdote avec le sourire. D’autant que son regard a bien changé :
« Amiens est une ville à taille humaine où l’on peut faire de belles choses ». Il en est certainement l’un des meilleurs exemples. À la fermeture du site amiénois de Sanofi, dont il est un cadre, il crée Unither, entreprise pharmaceutique qui compte aujourd’hui plus d’un millier de salariés (contre 17 à ses débuts en 1993), répartis sur différents sites en France et à l’étranger, et dont le siège est resté à Amiens. Avec deux milliards de fioles produites par an, le groupe est devenu le leader mondial des unidoses stériles, ces dosettes à usage unique si pratiques en ophtalmologie et en rhinologie, mais aussi pour l'asthme et l’antisepsie… Malgré le succès, Patrick Colin n’a jamais considéré sa position de patron comme un confort. Il a plutôt porté l’angoisse de la responsabilité sociale. Il ne manque d’ailleurs jamais de rendre hommage à tous ceux qui osent se lancer : « S’il n’y avait pas de petits patrons, la France ne tournerait plus ».

 

LA CRÉATION D’EMPLOIS POUR MOTIVATION
L’entrepreneur a décidé de lever le pied chez Unither. « Je désirais me rendre inutile, dit-il joliment. C’est fait, Unither n’a plus besoin de moi », poursuit celui qui reste toutefois administrateur du groupe. À 65 ans, l’heure de la retraite aurait-elle sonné ? Pas vraiment… Vice-président de Picardie active mais aussi de l’Ésiee, il se consacre surtout désormais à Picardie investissement, société de capital-risque qu’il préside depuis sept ans. En accompagnant les dirigeants dans leurs projets, c’est la création d’emplois qui le motive. « Une entreprise existe pour faire vivre les salariés, dit-il. Le capitalisme, c’est peut-être la pire des choses… mais c’est la seule qui marche. Il est possible d’aider les gens par la finance ». Ces notions d’entraide, de solidarité – « Je suis un grand empathique » confesse-t-il… –, Patrick Colin les fait facilement coexister avec son exigence de liberté : « On crée sa boîte pour être libre. Et maintenant que je me mets un peu en retrait du monde des affaires, mon objectif c’est d’avoir du temps libre ». Mais il ajoute très vite : « Je ne suis visiblement pas doué pour cela… » Qui sait ce que nous réserve encore Patrick Colin ?

//Kaltoume Dourouri