Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

Une entrée rugissante

Dans moins d’un mois, les visiteurs découvriront Ménya et Tilak, tigres de Sumatra, espèce menacée d’extinction et nouvel emblème du zoo d’Amiens Métropole. Une rencontre mûrement préparée. 

Une entrée rugissante 1 © Noémie Laval
Le 31 décembre, Ménya explorait son nouveau territoire.
© Noémie Laval

08.01.2020

JDA 934

Ils sont déjà la nouvelle attraction du parc zoologique d’Amiens Métropole, qui n’ouvrira pourtant ses portes au public que le 1er février. Ménya et Tilak, tigres de Sumatra âgés de 3 ans, comptent depuis un mois et demi parmi les pensionnaires du site. Ce retour des grands fauves à Amiens – très attendu et largement suivi sur les réseaux sociaux – « modifie étonnamment l’atmosphère de travail, appuie Pierre Bouthors, chargé de communication du zoo. Leur arrivée s’accompagne d’un nouveau système de sécurité, qui nous pousse aussi à davantage d’exigence au quotidien ». En effet, avant de pénétrer dans leur bâtiment, leur soigneuse Anaïs prévient ses collègues par talkie-walkie et annonce aussi notre entrée.

 

MISE EN CONTACT PROGRESSIVE

Promis, on se tient à distance des grilles ! Pour le moment, ces félins magnifiques prennent leurs marques, s’habituent à leur environnement et à l’équipe. Ils ont, chacun leur tour, foulé leur enclos, « clou du spectacle » de la nouvelle zone Archipels dédiée aux écosystèmes d’Asie du Sud-Est (lire encadré). En effet, ils n’ont pas encore été en contact direct. Douce et calme, la femelle Ménya arrive du Flamingo Land Park en Angleterre. Tilak, plus craintif et agressif, de la réserve naturelle de La Haute-Touche dans l’Indre. Moins habitué qu’elle à la présence humaine, « il se détend peu à peu », rassure Laure Garrigues, responsable scientifique du parc. Pour l’instant, ils se voient, s’appellent et partagent à tour de rôle leurs espaces communs pour marquer leur territoire. Un protocole scrupuleux pour éviter tout accident. « Ils dormiront toujours séparément. Car on ne sait pas ce qu’il peut se passer et qu’il est difficile d’intervenir dans une bagarre de tigres. » Leur rencontre imminente sera donc une étape assez stressante. « Si on sent la moindre animosité, on ne prendra pas de risques. Nous les laisserons quelques heures au début et sous surveillance. Mais ils sont nés en captivité, ça devrait bien se passer. »

 

UN CHALLENGE
DE CONSERVATION

Leurs parcs d’origine font, comme celui d’Amiens, partie de l’EAZA, l’Association européenne des zoos et aquariums, et partagent ainsi la même éthique et les mêmes missions. Parmi lesquelles la conservation des espèces. Menacé par la déforestation et le braconnage, le tigre de Sumatra est en danger critique d’extinction. « Il n’existe plus que 450 individus dans des réserves naturelles, appuie Laure Garrigues. Pour nous, c’est un vrai challenge de conservation, puisqu’ils sont en âge de se reproduire, mais aussi un excellent moyen de sensibiliser notre public. » La destruction de leur habitat est liée à la surconsommation, au tourisme, au commerce et donc à l’utilisation à outrance des ressources naturelles. Comme le panda du WWF, le tigre est un emblème, une espèce phare, qui permet de mieux faire passer des messages. « Si on le protège, par extension on protège les cerfs et sangliers des Visayas, autres espèces menacées d’Asie du Sud-Est. » La fenêtre d’aquavision de 10,5 m de long – la plus grande d’Europe pour cette espèce – et ses gradins de 50 places offriront un point de vue incroyable sur le bassin de ces tigres, réputés excellents nageurs. Les soigneurs pourront monter à l’étage pour les nourrir et les présenter chaque jour aux curieux. Des animations à visée pédagogique.

//Coline Bergeon

 

BIENVENUS DANS ARCHIPELS

C’est la première grande étape de l’extension du zoo : la zone Archipels, consacrée aux espèces d’Asie du Sud-Est s’étend sur près d’un hectare, dans l’ancien enclos des éléphants notamment. 
Le 1er février, les visiteurs découvriront de nouveaux locataires et en retrouveront d’autres. Une volière accueillera les gracieuses grues de Mandchourie.
 Les sangliers des Visayas emménageront dans 
un enclos avec les cerfs des Visayas, nouveaux pensionnaires. Le couple 
de pandas roux, autres stars du parc, aura déménagé aussi et sera en contact avec des loutres cendrées, de retour
 à Amiens. « Les pandas auront davantage de surface au sol et d’agrès. Et les loutres, un jeu de mares
 et de cascades, décrit Pierre Bouthors. Si ces animaux 
ne se côtoient pas à l’état sauvage, ici ils s’apporteront un enrichissement mutuel, en se stimulant. » À côté, le vivarium permettra d’observer des individus jusqu’ici absents du zoo amiénois : deux alligators de Chine en danger critique d’extinction, des mygales, des insectes, des varans, des crapauds mousse... Final en beauté avec le domaine des tigres de Sumatra, « la plus petite espèce de tigre au monde », et ses trois baies d’observation. Pour une immersion sensationnelle.

 

Une entrée rugissante 2 © iStock

 Cerf des Visayas. © iStock

 

Une entrée rugissante 3 © iStock

Alligator de Chine. © iStock

 

Une entrée rugissante 4 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

Panda roux. © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

 

Une entrée rugissante 5 © Noémie Laval

Tigre de Sumatra. © Noémie Laval

 

Une entrée rugissante 6 © D.R.

Crapaud mousse. © D.R.

 

Une entrée rugissante 7 © D.R.

Loutres cendrées. © D.R.