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Mal-être, troubles du sommeil, anxiété… face aux souffrances psychiques, la ville d’Amiens met en place un dispositif de repérage et d’intervention rapide. Avant d’orienter si besoin vers une prise en charge à plus long terme.

Une soupape pour ne pas sombrer © Getty Images

27.01.2021

JDA 970

À l’occasion de la création du comité scientifique de la Ville d’Amiens dont elle est membre, la psychiatre Valérie Yon nous confiait en décembre dernier (JDA #965) que « le confinement [avait] des conséquences sur la santé mentale ». Mais que celles-ci n’étaient pas toujours repérées : « Beaucoup de personnes manifestent des troubles sans avoir le réflexe de consulter ». Au-delà même de la situation sanitaire, les raisons pouvant conduire à l’anxiété, l’insomnie, le mal-être ou la dépression ne manquent déjà pas : divorce, handicap, isolement, difficultés financières…

 

« LES BESOINS SONT DÉMULTIPLIÉS »
C’est d’ailleurs avant la pandémie que le Conseil local de santé mentale avait suggéré à la Ville de développer un dispositif d’accompagnement des Amiénois en souffrance psychique. Baptisé La Soupape, son intérêt est encore renforcé par la crise actuelle. « La Soupape trouve effectivement sa pertinence dans ce contexte inédit, note Patrick Kerros, le chef du service de santé publique de la Ville d’Amiens. Les besoins, s’ils étaient déjà exprimés, sont aujourd’hui démultipliés. » Le caractère innovant du dispositif repose dans la capacité de ses acteurs à repérer la détresse psychique chez un interlocuteur alors que celui-ci n’était pas venu pour en parler, et lui apporter une réponse. Elle pourra ainsi être identifiée par un conseiller social à l’occasion d’un rendez-vous pour l’obtention d’une aide financière, par le médiateur d’un espace France Services lors d’une demande de logement, par une association d’insertion pendant un suivi…

 

NE PAS PERDRE DE TEMPS
Ce sont ces professionnels qui, grâce à leur écoute, vont repérer pendant la conversation l’éventuelle souffrance, puis proposer l’aide d’un psychologue et enfin, en cas d’accord, transmettre ses coordonnées à la Maison prévention santé. Qui transfère à son tour la demande à un psychologue. « Ce dernier contactera alors la personne et déterminera avec elle les modalités de son suivi », indique Valérie Godet, coordinatrice du Conseil local de santé mentale. Et cela sans perdre de temps : dans les quarante-huit à soixante-douze heures. La prise en charge est adaptée à la situation, au profil et au contexte de vie de la personne. Elle peut prendre la forme d’appels téléphoniques, de visio, d’accueils dans le véhicule Info santé mobile de la Maison prévention santé ou même de rendez-vous à domicile.

 

LES QUARTIERS PRIORITAIRES VISÉS
En tout, jusqu’à cinq entretiens pourront être menés. Tous gratuits, et avec la garantie de la confidentialité. Si besoin, une orientation vers des dispositifs adaptés et un parcours de soins à plus long terme sera proposée. Cofinancé notamment grâce aux aides de l’État au titre des dotations de la politique de la Ville, La Soupape est principalement orientée vers les adultes résidant dans les quartiers prioritaires (Étouvie, Amiens nord, Parcheminiers, Pierre-Rollin, Marcel-Paul / Salamandre, Condorcet / Philéas-Lebesgue). Des quartiers où la prise en charge psychologique n’est pas forcément un réflexe. Et où pourtant les difficultés peuvent s’accumuler.

//Ingrid Lemaire

 

Covid : et en prime, la déprime

Une soupape pour ne pas sombrer © Agence Garance

© Agence Garance

L’intitulé du prochain Mardi Santé a le mérite de la clarté. Le rendez-vous santé de la Ville d’Amiens se passe désormais en visio sur amiens.fr mais garde ses habitudes : chaque premier mardi du mois, avec l’intervention d’un expert. Pour analyser l’impact du confinement sur la santé mentale, savoir si l’on peut évaluer son bien-être, comment se préserver des effets psychologiques et comment aider les personnes en situation de vulnérabilité, c’est le Dr Valérie Yon que retrouveront les internautes le 2 février, à 18h.