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Détruite par les pluies torrentielles de 2018, la station d’épuration de Bertangles a été reconstruite avec de nouveaux dispositifs de sécurité en conservant ses techniques innovantes de traitement naturel.

Une station d’épuration naturelle © Sébastien Coquille - Amiens Métropole

05.05.2021

JDA 980

C’est l’une des premières stations d’épuration par lagunage de la Somme installée dans une petite commune. « Dès sa création en 1978, des bassins tests avaient été aménagés afin d’effectuer des études de plantations avec l’université de Picardie Jules-Verne. Cet aspect novateur a favorisé l’obtention de subventions. Le projet d’origine a été soutenu à 80% par le Département et l’Agence de l’eau », se souvient Joseph Debart, le maire de Bertangles. Quarante-trois ans plus tard et après une reprise de sa gestion par Amiens Métropole en 2000, l’équipement est toujours à la pointe des dernières techniques d’assainissement biologique.

 

DES ROSEAUX FILTRANTS
Ici, aucun produit chimique : le traitement des eaux usées s’effectue par un travail bactériologique naturel dû à la plantation de roseaux dont les racines drainent l’eau des cinq bassins de filtration. « On crée un écosystème, indique Alexandre Tanchon, responsable technique au service de l’eau et de l’assainissement. Il faudra encore quelques semaines avant que le processus biologique se mette totalement en place. Les roseaux ont été plantés en mars. » Pour Éric Maquet, le vice-président d’Amiens Métropole chargé de la protection de la ressource en eau, « c’est un bel exemple de la politique menée pour la transition écologique. Les phénomènes pluvieux de plus en plus intenses sont pris en compte dans la gestion des eaux pluviales. Les aménagements sont renforcés dans les stations d'épuration et nous redoublons de vigilance pour la construction de futures stations » (lire aussi ici). Une belle renaissance aussi : la station d’épuration avait été entièrement dévastée par les pluies torrentielles et les coulées de boue de mai 2018… quelques jours avant l’inauguration prévue de travaux de mise aux normes. L’état de catastrophe naturelle a été reconnu et le groupe Lhotellier a pu la reconstruire.

 

UN BUDGET DÉDIÉ À LA SÉCURITÉ
Coût de l’opération : 930 000 €. Mais le projet porté par Amiens Métropole a pu bénéficier d’une subvention de 430 000 € de l’Agence de l’eau et de 60 000 € de l’État. « Toute la vallée a été inondée, rappelle Joseph Debart. La D 933 était devenue un plan d’eau. Des centaines de milliers de mètres cubes d’eau ont traversé la station d’épuration. Du jamais-vu dans les archives de la commune. » C’est pourquoi un fossé a été créé autour de la parcelle afin de canaliser l’eau. Le bassin d’orage a lui été équipé d’un épais mur de béton, sa capacité de stockage passant de 450 à 1 100 m3. Et toute la station d’épuration a été surélevée. C’est désormais la crise sanitaire qui pourrait retarder son inauguration. Mais l’essentiel est là : après trois ans d’arrêt, elle est désormais opérationnelle.

//Lysiane Voisin