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Jacques Duquennoy, le papa de Camille la girafe, a vendu plus d’un million de livres dans le monde. Confidences dans son atelier amiénois. 

Une vie à dessiner © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
« Mon nouveau projet interroge le rapport de l’artiste à sa création »
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

14.11.2018

JDA 893

Un regard doux coiffé de cheveux grisonnants, Jacques Duquennoy ne fait pas son âge. À 65 ans, le dessinateur amiénois crayonne quotidiennement des feuilles blanches enfermé dans son atelier du quartier Paul-Claudel. En s’approchant, on découvre les contours d’un jeune garçon. « C’est l’histoire de Petit Tom dont les personnages qu’il dessine prennent vie. Ce nouveau projet interroge le rapport de l’artiste à sa création. » Un récit qui vient grossir une collection de 85 livres nés en une trentaine d’années. Originaire de Corbie, il aurait pu suivre la voie paternelle, directeur de l’usine Mailcott à Villers-Bretonneux, mais la fibre artistique, héritée de son grand-père créateur de dentelles en papier, prendra le dessus.

DÉMARRAGE TARDIF

Il intègre l’Institut d’art d’Amiens et sa licence en poche devient maître auxiliaire puis rapidement agent commercial de matériel pédagogique dans les écoles. « J’ai commencé à dessiner sur le tard. Le premier de mes deux fils venait de naître, j’avais 30 ans. » Il invente alors six aventures qui, une fois mises sur diapositives, voyageront dans les écoles de France. « C’était pratiquement de l’autoédition. Cela m’a permis de créer en toute liberté pendant plusieurs années. » En parallèle, l’Amiénois montre ses dessins à des maisons d’édition mais essuie 75 refus ! Sa persévérance finit par payer en 1994 avec Le Dîner fantôme qui séduit Albin Michel Jeunesse. Un best-seller vendu dans 20 pays. « J’ai démarré tard mais fort. Mon premier personnage était un fantôme. La forme la plus simple quand on n’est pas un excellent dessinateur ! »

SURPRENDRE LE LECTEUR

Naissent ensuite Petit Loup puis la colorée Camille, son personnage préféré. Camille à la pêche, Camille va sur Mars, Camille voit la vie en rose... Une girafe dégourdie qui l’amuse pendant vingt ans. « Je me suis inspiré de Claire Bretécher. J’avais envie de raconter des histoires courtes avec une vraie chute pour surprendre le lecteur. » Et c’est par amour pour sa girafe qu’il quitte Albin Michel en 2014 : « Je souhaitais la rééditer, contrairement à la maison d’édition ». Coup de pouce du destin, une éditrice chinoise lui achète toute la série des Camille. « J’ai alors contacté Pascal Mériaux des Éditions de La Gouttière (installées à Amiens, ndlr) pour lui proposer mon Petit Tom. Il a été emballé mais a posé une condition : rééditer Snowman. »

CAMILLE SUR PETIT ÉCRAN ?

Depuis quelques semaines, ce courageux bonhomme de neige rôde ainsi à nouveau dans les librairies. Pour Petit Tom, il faudra patienter : l’artiste veut prendre son temps. « J’ai encore plein d’idées, notamment pour Camille. Je fais actuellement réaliser un pilote pour en faire une série animée. Par le passé, elle a déjà fait l’objet de trois projets qui ont capoté. » On vous l’a dit, Jacques Duquennoy est un homme persévérant.

//Stéphanie Bescond