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De l’Autriche aux colombes

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Loin de la folie des plateaux de cinéma, la scénographe Alexandra Maringer, néo-amiénoise venue d’Autriche, a monté l’exposition dessiner la paix, au Ciap. Un autre rapport au temps, à la vie.

De l’Autriche aux colombes © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
« Habiter dans la ville de Jules Verne, cela me fascine ».
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

23.05.2018

JDA 878

Elle a tout d’une working girl contemporaine. La parole assurée, l’accent de la citoyenne du monde, le smartphone intempestif. Et pourtant, Alexandra Maringer, quadra pétillante d’origine autrichienne, se dit désormais adepte du slow living – elle prend le temps de vivre. Le déclic ? L’amour, d’abord, à Paris. Puis le mariage, la maternité et l’arrivée à Amiens, cette ville qui convient si bien à son esprit de scénographe : « De l’espace, de la verdure... Ici, on peut prendre du recul. Assez proches les uns des autres pour ne pas se sentir seuls, assez éloignés pour avoir son petit cocon ». Son principal métier, c’est le cinéma. Elle a dirigé l’année dernière décorateurs et accessoiristes pour une fantaisie familiale en Allemagne – le plus gros budget de sa carrière de production designer entamée en 2000, pendant ses études d’architecture. Reconstitution d’une tour en studio, décors débridés : « Une ambiance folle, où tout va très vite. C’est ça, le cinéma ».

S’IMPRÉGNER DES LIEUX

À Amiens, et face au chaos du monde (« Trump, Gaza, les attentats »), elle a pris du recul, sans lâcher le septième art pour autant : « Nous sommes tous responsables de ce que nous léguons à nos enfants. Il nous faut nous apaiser, ralentir ». Une approche adaptée à l’exposition Dessiner la paix, qu’elle vient de monter au Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Comme à son habitude, elle a « travaillé sur place pour s’imprégner des lieux. La scénographie, c’est la mise en espace de ce que tu veux raconter ». En l’occurrence, elle laisse la parole à une soixantaine de caricatures et illustrations sur le thème de la colombe, fruit de longues recherches pour dénicher des oiseaux rares du monde entier et déclinaison d’un travail mené en 2014 par le musée de la Caricature de Krems, en Autriche. S’y ajoutent des travaux d’étudiants de l’Ésad et un avant-goût de la BD collective Traces de la Grande Guerre, attendue en automne.

CAFÉ VIENNOIS

Touche personnelle de celle qui a troqué le Danube pour la Seine puis la Somme : un espace café / lecture à la viennoise. « À Vienne, le café, c’est sacré. On y passe beaucoup de temps à lire dans de confortables fauteuils. » Une façon de « se poser et réfléchir » au milieu de l’exposition, avec diverses revues à disposition. Et ensuite ? Aimer, vivre et travailler, bien sûr. Mais aussi « faire quelque chose sur Jules Verne, confesse cette férue de science-fiction. Habiter dans sa ville, cela me fascine ». À bon entendeur...

//Jean-Christophe Fouquet

Dessiner la paix, du 25 mai au 11 novembre 
au Centre d’interprétation de l’architecture 
et du patrimoine, au-dessus 
de l’office de tourisme (21, place Notre-Dame) 03 22 22 58 90 – Entrée libre