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Didier Braun, au nom du père

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Cet ancien journaliste à l’Équipe tient un passionnant blog consacré au foot amiénois des années 20 à 1960, celles de son grand-père puis de son père, Jack Braun, décédé le mois dernier

Didier Braun, au nom du père © Léandre Leber
« Nos pères nous décourageaient. Entre des capacités au foot et des capacités à l’école, il n’y avait pas match »
© Léandre Leber

16.11.2016

JDA 816

La minute de silence a fait couler les larmes de ses yeux bleu polaire. Didier Braun n’aurait pas raté l’hommage rendu par les 9 050 spectateurs de La Licorne le 24 octobre (Amiens / Red Star, 0-0) à son père, Jack, parti six jours plus tôt, à 88 ans. Ce soir-là, au revers de sa veste, cet ancien de L’Équipe, fine moustache et cheveux blancs, portait discrètement une épinglette aux couleurs amiénoises originelles : azur et noir. Un clin d’œil ému à un papa qui aura été joueur professionnel dès 17 ans à l’Amiens Athlétic Club (qui ne s’appelait pas encore l’ASC), puis l’un des cadres de la direction technique nationale, salué à sa mort par un ancien élève : un certain Raymond Domenech.

 

« JAMAIS ÉTÉ SUPPORTER »
Remonter l’histoire des Braun, c’est raconter celle du foot à Amiens. Celle d’un grand-père, Marcel, joueur après la Grande Guerre, débarqué de Paris à une époque où l’argent de Devred et Matifas attire des internationaux comme Paul Nicolas en 1928. Parce que le grand-père parlait peu et « qu’il y a tellement d’erreurs sur le Net », Didier Braun prolonge ses recherches généalogiques en s’attardant sur le parcours footballistique de ses aïeux. Et devient un habitué des archives amiénoises, « petite récréation » tandis qu’il accompagne la fin de vie du paternel. Retraité le soir du sacre allemand à la Coupe du monde 2014, ce Parisien livre alors ses trouvailles sur un blog savoureux : Le foot à Amiens au temps des Braun. Sans chauvinisme – « je n’ai jamais été supporter » –, ni nostalgie. « C’est le début d’un professionnalisme qui ne dit pas son nom, dans un contexte amateur. Y compris pour la presse. »

 

PÂTÉS DE SABLE À MOULONGUET
Didier Braun, père de trois fils (ni footballeurs ni journalistes), a couvert les Coupes du monde 82 et 86. Mais retient plus de sa carrière cet entretien, par un matin brumeux, avec Jean-Claude Suaudeau ou sa dernière interview de Roland Courbis, « un vieux copain. Roland, c’est Raimu ». Son enfance, c’était l’école Delpech, dirigée par le grand-père maternel, et les pâtés de sable dans la fosse du saut en longueur à Moulonguet avec Pierre Mankowski, entraîneur de l’équipe de France des espoirs sur le départ et fils d’un autre footballeur amiénois, Jean. « Nos pères ne gagnaient pas d’argent et nous décourageaient de faire comme eux. Entre des capacités au foot et des capacités à l’école, il n’y avait pas match. » Ses idoles sont journalistes. Pas les plumes mais les voix de la radio qui rappellent les vacances à Berck. Notamment Luc Varenne à qui il dédie un jour un papier en souvenir d’un match de Reims collé au poste en 1959. Didier Braun quittera Amiens quatre ans plus tard, à 12 ans. Jack Braun, reconverti moniteur de sport à la ville d’Amiens et maître-nageur du bassin à ciel ouvert près du pont Beauvillé, devient entraîneur à Paris et grimpe les marches de la Fédération. Il reviendra définitivement dans sa ville en 1996. Didier, lui, seulement pour rendre visite aux parents. À sa maman, désormais. Et continuer de fouiller le passé familial.

//Antoine Caux

amiensfootbraun.wordpress.com