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La citadelle fait ses classes

  • Amiens Nord
  • Citadelle
  • Enseignement supérieur
  • Etudiant
  • JDA

Après six ans de travaux, les étudiants ont pris possession de ce bastion militaire construit en 1598 métamorphosé en campus universitaire ouvert sur la ville. 

La citadelle fait ses classes © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
Une place de 3 600 m2, surplombée d’un cube rouge tel un phare au carrefour des quartiers Saint-Pierre, Saint-Maurice, Saint-Leu et Amiens nord.
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

12.09.2018

JDA 886

Dans les allées, les étudiants ont le nez en l’air ou sur un plan. Certains perdus, tous impressionnés. La citadelle imposée par Henri IV, imaginée par Jean Errard de Bar-le-Duc et transfigurée par Renzo Piano, le père du Centre Pompidou, a fait sa première rentrée, dans un mélange d’odeur de neuf et de parfum d’histoire. Car depuis quatre cent vingt ans, ses murs étaient restés infranchissables. Ses portes sont désormais grandes ouvertes. Elles donnent sur une place de 3 600 m2, surplombée d’un cube rouge tel un phare au carrefour des quartiers Saint-Pierre, Saint-Maurice, Saint-Leu et Amiens nord. L’arrivée se fait même avec une musique chuchotante, spécialement créée.

4 500 ÉTUDIANTS

À l’accueil, dans les anciennes écuries, c’est le défilé. « Les étudiants demandent surtout leur chemin », confie cette hôtesse. La cafétéria du Crous dans l’ex-casernement et le petit café, en face, font déjà recette. L’ouverture d’un troisième lieu de restauration (Biotifood) est imminente. Au sous-sol, la bibliothèque, ses cinq kilomètres de linéaires, sa connectique et ses salles de travail sous les alcôves, a déjà ses habitués. 2 000 personnes la fréquenteront tous les jours. Dehors, avenue Charles-de-Gaulle, la nouvelle station Vélam (ces vélos en libre-service) a ses premiers fidèles. Les places de stationnement le long de la rue Montesquieu, de l’autre côté, ou le parking Zamenhof, au nord, aussi. Les facultés de langues, de lettres, d’histoire, de géographie, de sciences humaines et sociales et de philosophie, soit 4 500 étudiants, ont donc dit bye-bye à l’excentré campus. Seule la faculté de psychologie est restée. Le campus muera en pôle universitaire de santé, à l’horizon 2021, avec le transfuge des facultés de médecine et de pharma (coût : 9,5 M€) ainsi rapprochées du CHU. « La place d’armes, ouverte comme ça en plein cœur, en fait un vrai lieu de vie », s’ébahit Olivier Jardé, vice-président d’Amiens Métropole délégué à l’enseignement supérieur.

« UN CADEAU 
POUR LES AMIÉNOIS »

« C’est un site magnifique, un super cadeau à l’université de Picardie Jules-Verne et aux Amiénois », savoure Mohammed Benlahsen, le président de l’UPJV qui félicite « ce pari sur le savoir fait par Amiens ». Un pari à 118 M€ financés à hauteur de 58 M€ par Amiens Métropole. Pour son président, Alain Gest, « la citadelle est un atout de plus au rayonnement de l’agglomération. Elle est à la fois un équipement de savoir et un lieu de promenade avec ses espaces verts ouverts sur la ville : une vraie valeur ajoutée à la qualité de vie de notre territoire. » Alors, à l’assaut de la citadelle !

//Antoine Caux

 

// EN CHIFFRES

118 M€


30 000 m2


4 500 étudiants

850 serrures

135 salles


5 amphithéâtres

200 000 ouvrages à la bibliothèque

 

// Un peu d’histoire

1597, la Somme constitue la frontière entre la France 
et les Pays-Bas espagnols. Les Amiénois, qui ont obtenu
 du roi d’assurer eux-mêmes leur défense, refusent
 le renfort proposé par Henri IV face à la menace espagnole. Oui mais voilà, en mars, la ville est envahie. Six mois plus tard, Henri IV chasse les Espagnols mais impose la construction de la citadelle, moins pour protéger la frontière que pour surveiller la ville. De fait, la citadelle sera toujours mal vue des Amiénois. Encore davantage après avoir 
été occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale pour servir de prison et de lieu d’exécution. Propriété de l’armée, elle verra partir les militaires
 en 1993 avant d’être rachetée par la Ville en 1999.

 

// Saint-Leu, la rue innove

Ces bandes bleues et jaunes parsemées sur 
le sol de la rue Saint-Leu interpellent. « L’objectif
 de cette expérimentation est de mettre en scène l’espace urbain avec des aménagements temporaires et évolutifs, présente Arnold Landais, urbaniste à Amiens Métropole. On teste, on tente pour que la rue devienne une vitrine de l’effervescence se déroulant dans les facs, les labos, les startups dans le cadre du schéma urbain de l’innovation. » Tout l’axe reliant la citadelle à la rue Vanmarcke est concerné. Prochaine étape : l’actuel parking sauvage qui accueillera la future deuxième salle de concert de La Lune des pirates à l’horizon 2020 
sera transformé de mi-septembre à mi-octobre pour faire vivre ce lieu avant les travaux de fouilles prévus à partir de
 mars 2019. Puis la place 
de l’église sera dotée 
de grandes tables
 pour pique-niquer et 
d’un éclairage style guinguette afin de renforcer son côté cœur
 de village. Bilan de cette expérimentation fin 2019.