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Le bonheur est dans le près

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Neuf mois après son lancement, le “supermarché” bio et local de L’Île aux fruits continue de pousser. Plus de 1 500 familles ont déjà adhéré à l’association soutenue par Amiens Métropole.

Le bonheur est dans le près © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
Bienvenue à L’Île aux fruits, au 325, rue de Verdun.
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

11.04.2018

JDA 874

Ce soir-là sous le barnum, la guitare folk d’Étienne, alias Mumblebee, met l’ambiance. Derrière son étal, Damien n’a pas une minute : céleris, poireaux, oignons et radis partent à toute vitesse. Même cadence du côté des fromages et de la tireuse à bière. Il y a des gens qui mangent et un gentil brouhaha, ambiance fête au village... mais en pleine ville. Bienvenue à L’Île aux fruits, au 325, rue de Verdun. Cet endroit d’Amiens en pleine mutation mêle le décor de friches industrielles et la carte postale des hortillonnages. Depuis neuf mois, l’association Terres Zen y organise chaque jeudi soir son marché 100 % local avec une trentaine d’artisans partenaires et ses propres légumes.

« RESPONSABLE ET CONVIVIAL »

Un truc de bobos ? Pas vraiment le profil de Jocelyne, 80 ans, venue de Rivery : « Qu’est-ce que c’est sympa ! On achète nos légumes dont on connaît la provenance. Et puis les gens sont gentils. On se sent tellement bien ici qu’avec mon mari, on est venus le faire découvrir à nos cousins ». « Le concept a traversé l’hiver : même par - 1 °C, ça s’est développé », s’ébahit Alexandre Cabral, à l’origine de « ce centre commercial responsable et convivial » où il prévoit des ateliers coiffure ou contes pour enfants. « On a commencé sur une petite surface chez Boris Pélosof (fils de Nisso, photographe et grand défenseur des hortillonnages décédé en 2011, ndlr), raconte Rémy Brasseur, ex-éducateur spécialisé reconverti maraîcher. Pour des p’tits gars de la ville, on a eu de bons rendements. Ça nous a donné confiance. » Le garçon trépigne. Dans quelques jours, il aura un terrain de jeu d’un hectare sur l’île Sainte-Aragone. « Un hectare dans l’agriculture mécanisée, c’est peu. Mais pour notre concept, c’est très bien. »

THOMAS MONCONDUIT PARMI LES ADHÉRENTS

Le concept ? La permaculture. « Ce n’est pas une vision agricole, c’est une vision de la société, aiguille Rémy. Il n’y aura pas de champ de monoculture, ça n’existe pas dans la nature. Un maraîcher traditionnel ne met rien aux pieds de ses tomates. Nous, quand on va repiquer nos tomates, il va y avoir des salades. Après on mettra du basilic, et à l’automne, des épinards... » « La permaculture, c’est l’avenir. » Et c’est Thomas Monconduit, milieu de terrain de l’Amiens SC et tout récent adhérent à L’Île aux fruits qui le dit : « Rassembler les gens autour des légumes et de la nature, je trouve ça trop bien ». Une vraie passe décisive.

//Antoine Caux

Le marché de L’Île aux fruits, les jeudis, de 17h à 20h, 
au 325, rue de Verdun