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Quand Pierre-Rollin s’appelait… Henriville

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Pour répondre à la demande de logements, la zone à urbaniser en priorité (ZUP) d’Henriville voit le jour en 1967 avant de prendre le nom d’un industriel : Pierre Rollin.

Quand Pierre-Rollin s’appelait… Henriville  © Archives municipales et communautaires d’Amiens
La maquette de la ZUP Henriville, vision de la ville idéale de la fin des années 60.
© Archives municipales et communautaires d’Amiens

09.01.2019

JDA 899

Après-guerre, les Trente Glorieuses. L’avènement de la société de consommation. Amiens a perdu environ 60 % de son habitat. La politique d’urbanisation tourne à fond : les cicatrices de guerre restent ouvertes, la population en plein baby-boom a besoin de toits et de commodités d’usage. La réponse de l’État ? Les zones à urbaniser en priorité (ZUP), outil créé en 1958 et visage le plus célèbre de la politique des “grands ensembles”. Amiens va en compter trois : Étouvie et Amiens nord d’abord, puis, au sud-est, Pierre-Rollin, en 1967. Ou plutôt Henriville, son premier nom, du fait de sa proximité avec le quartier éponyme du XIXe siècle, né après la chute des remparts, remplacés par les boulevards.

 

UN QUARTIER IDÉAL
En 1968, cinq ans avant l’arrêt des ZUP, celle d’Henriville se planifie entre le boulevard de Bapaume, la rue Saint-Fuscien et le cimetière de Saint-Acheul. On la doit à l’architecte en chef Yervante Toumaniantz, au crépuscule de sa vie. Il en dessine les grandes lignes avant que René Sarger ne lui succède. Cette ZUP de 120 hectares, dont les constructions débutent en 1974, est achevée en 1983. Elle compte alors 3 500 logements, onze écoles, quatre gymnases, trois stades… Et des commerces au cœur du quartier, dont une grande surface. Contrairement à Amiens nord et Étouvie, une place est accordée aux logements individuels. Et les collectifs ne dépassent pas les huit étages – le vent commence déjà à tourner.

 

LE CHOC DU RÉEL
Seulement voilà : ces constructions de logements dits “sociaux”, dans une ambition de ville idéale et de réponse à l’habitat insalubre, manquent de perspective d’évolution. Cet aspect figé, couplé à la nature parfois perçue comme anxiogène des grandes hauteurs et grands espaces collectifs, ainsi qu’au manque de mixité sociale, accélère la dégradation des lieux – c’est la “sarcellite” (en référence à Sarcelles). D’où une nouvelle stratégie de l’État dans les années 80 avec la politique de la Ville et son renouvellement urbain.

 

L’ÈRE DU RENOUVELLEMENT
Aujourd’hui, on ne parle plus de ZUP Henriville, mais de quartier Pierre-Rollin, du nom de son artère principale, baptisée en hommage à un industriel local et ancien maire d’Amiens de 1941 à 1944. Il entre dans le programme de rénovation urbaine (PRU) en 2004. Puis, en 2014, dans le nouveau PRU – quand les zones urbaines sensibles deviennent quartiers prioritaires. Les bailleurs sociaux (Clésence – ex-Maison du Cil –, Opac, Immobilière Nord Artois) y réhabilitent leurs parcs. L’État et les collectivités y mènent des travaux et actions. Cela se traduit par la refonte du parvis central ou la requalification des espaces piétons. Et par la destruction de l’école ronde Germaine-Dulac (datant de 1976). Cette dernière sera remplacée cette année par la Maison du petit enfant. Un virage symbolique dans l’histoire de “l’autre Henriville”.

//Jean-Christophe Fouquet

 

Aller plus loin : la Maison des projets

La plupart des informations ci-dessus proviennent d’une exposition réalisée par le service patrimoine d’Amiens, Métropole d’art et d’histoire visible à la Maison des projets, ouverte en juin dernier au cœur de Pierre-Rollin. On retrouve dans ce local, où se réunissent aussi des associations, tous les détails sur la rénovation urbaine du quartier.

La Maison des projets, 14, allée des Rencontres
Ouverte les lundis, de 13h30 à 17h30, et les mercredis et jeudis, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30