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« Sortir du cadre d’un tableau pour occuper l’espace »

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Les œuvres jusqu’alors dessinées d’Olivier Michel, artiste et enseignant au Safran, s’expriment dorénavant en volume grâce à l’utilisation du PVC. Pour le Parcours d’art contemporain, l’Amiénois a composé trois œuvres in-situ. Il nous explique sa démarche.

« Sortir du cadre d’un tableau pour occuper l’espace » 1

21.11.2018

Parcours d’art contemporain

JDA : Le dessin et la pratique obsessionnelle du trait sont caractéristiques de votre travail. Comment êtes-vous arrivé aux œuvres en volume aujourd’hui présentées ?

Olivier Michel : Ma pratique abusive, compulsive et obsessionnelle du dessin m’a conduit à me questionner sur le renouvellement de mon travail depuis environ quatre ans. Comment dessiner autrement ? Comment dessiner dans l’espace et non plus sur une feuille ? Le contact pris avec Michel Py, directeur de l’entreprise Cifra à Château-Thierry spécialisée dans la fabrication de PVC, a été décisif. J’utilise ses rouleaux de PVC cristal et flexible découpé en bande que je ”déroule” en superposition sur le champ à l’intérieur d’un cadre. Cela crée des méandres qui rappellent mes dessins.

 

 

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JDA : Comment avez-vous imaginé les propositions visibles lors du Parcours d’art contemporain ?

O.M. : Pour chaque œuvre, je me suisintéressé aux lieux pour m’inscrire par rapport à l’espace. Le travail in-situ, c’est sortir du cadre d’un tableau pour occuper l’espace. Au centre culturel Léo-Lagrange, le travail est réalisé dans la montée d’escalier et est le fruit d’un projet participatif avec Le Cordeau et La Cordée. L’Envolée est une œuvre d’envahissement, de composition et de rythme de l’espace. Elle se compose d’une centaine de modules réalisés avec du feuillard et du ruban de PVC maintenu en forme dans un serre-joint pour scie à chantourner. Le Parcours d’art contemporain a permis d’aller à la rencontre d’un public. Les œuvres ne sont pas faites que pour les lieux mais aussi pour lui.

 

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JDA : L’escalier est aussi le lieu choisi pour créer Dévalement à la Maison de l’architecture...

O.M. : Ce travail dans l’escalier en colimaçon a été un défi. J’y ai déroulé près de 500 mètres de bandes de PVC de 80 centimètres de largeur depuis le haut. Ce dévalement du matériau, contraint par la forme de cet escalier, finit sur l’espace du sol et suggère encore les méandres. L’idée de cascade est intéressante et rappelle mes premières séries Zones de turbulence réalisées en 2016 qui ont donné corps au travail d’aujourd’hui.

 

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JDA : Il y a aussi l’utilisation de la lumière dans l’une de vos œuvres.

O.M. : Pour le projet installé à la bibliothèque Louis-Aragon dans l’une des niches de l’entrée, des leds rouges en révèle la structure sinueuse à la tombée de la nuit. De jour comme de nuit amène une valeur supplémentaire. Pour ce travail, on n’est pas loin du kilomètre de bande de PVC utilisé.

 

 

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JDA : L’entreprise Cifra s’est-elle sentie impliquée ?

O.M. : Mon travail valorise son matériau et Michel Py a toujours apporté une réponse technique à mes questionnements. Il a été un fort soutien en me fournissant généreusement des kilomètres de PVC. Dans quelques mois, je réaliserais une résidence de travail au sein même de l’entreprise avec les ouvriers afin d’y réaliser une œuvre assez conséquente. Ce sera aussi une grande aventure de lien social.

 

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Propos recueillis par Ingrid Lemaire