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Bannière / Walk of femmes © Amiens Métropole

Walk of femmes
Parcours urbain au féminin

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la Ville d’Amiens installe un parcours urbain éphémère consacré aux femmes qui ont marqué son histoire : WALK OF FEMMES.

Installé tout au long du mois de mars dans différents lieux emblématiques en centre-ville, ce projet vise à rendre visibles celles dont l’engagement, le talent et les actions ont façonné le territoire, mais dont la mémoire demeure trop souvent effacée.

Résistantes, artistes, intellectuelles, soignantes ou militantes : à travers ces figures, Amiens affirme son engagement pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

victorine-autier © © D.R.

© Ernest Rancoulet, Buste de Victorine Autier, vers 1874-1876, (plâtre patiné bronze). Amiens, Musée de Picardie.

 

 

Victorine Autier

 (1840-1874)

Née à Amiens, Victorine Autier fut une infirmière héroïque de la guerre franco-allemande de 1870. Durant ce conflit, elle servit comme infirmière de la Croix-Rouge et fit preuve d'un courage exemplaire.

Aux côtés de son père et de son frère, elle soigne, dans des conditions extrêmes, les soldats français et prussiens, sans distinction. Elle tente également d'aider à l'évasion de prisonniers, prenant des risques personnels au nom de l'humanité et de la solidarité.

Epuisée par cet engagement intensif, Victorine Autier meurt à 34 ans en 1874, probablement des suites d'une tuberculose. Elle fut inhumée au cimetière de La Madeleine d'Amiens.

À Amiens, son action héroïque est reconnue : son buste est conservé au Musée de Picardie, son nom est honoré par une médaille citoyenne, une rue et un ancien quartier. Cette reconnaissance publique inscrit durablement sa mémoire en rappelant le rôle essentiel de ces femmes engagées. 

Bouctot Vagniez © La Roseraie 80

© LaRoseraie80e

 

Marie-Louise Bouctot-Vagniez

 (1884-1944)

Née à Amiens dans une famille liée à l'industrie textile, Marie-Louise Bouctot-Vagniez se distingue par son engagement humaniste et social. Engagée volontaire comme infirmière dès la Première Guerre mondiale, elle soigne les blessés de 1914-1918 et s'investit toute sa vie dans des oeuvres de bienfaisance. Lors du premier conflit mondial, elle devient infirmière-major à l'hôpital Sud d'Amiens et préside l'AMI (Association Mutuelle des Infirmières) de la Croix-Rouge française, renforçant ainsi son rôle dans le développement de l'aide sanitaire. Pour son dévouvement, elle est récipiendaire en 1920 de la Légion d'honneur et en 1941 de la Palme vermeil de la Croix-Rouge.

À Amiens, elle marque aussi le patrimoine urbain : après son mariage, elle et son époux font édifier l'Hôtel Bouctot-Vagniez, conçu par l'architecte Louis Duthoit. Cet hôtel se distingue par son style gothique à l'extérieur et Art nouveau à l'intérieur ainsi que pour son confort (téléphone, salles d'eau, air frais...). Il est aujourd'hui classé monument historique.

Marie-Louise entretient également un parc, "La Roseraie", à Sains-en-Amiénois, qu'elle ouvre aux enfants et où elle incarne, par son action sociale et culturelle, une présence attentive jusqu'à sa mort en 1944.

Marie Denizard © Collection Bibliothèque Amiens Métropole

© Collection Bibliothèque Amiens Métropole

 

 

Marie Denizard

 (1872-1959)

Née le 3 avril 1872 dans l'Aisne, Marie Denizard s'installe à Amiens dans les années 1900. Elle étudie au lycée de jeunes filles d'Amiens, l'actuel lycée Madeleine-Michelis.

Elle s'engage très tôt dans la lutte pour les droits civiques des femmes, contre les ravages de l'alcoolisme dans la classe ouvrière et contre les abandons d'enfants. Elle collabore aux publications féministes comme La Fronde et participe au débat public sur le droit de vote des femmes.

En 1910, elle se porte candidate aux élections législatives dans la circonscription d'Amiens ; mais elle est déclarée inéligible en raison de son sexe. Elle fait également adopter au Conseil général de la Somme un voeu en faveur des droits des femmes et publie La Femme et la loi salique, une étude sur l'inégalité juridique des femmes.

En 1913, elle devient la première française à s'être déclarée candidate à une élection présidentielle. Elle est par la suite internée pendant 32 ans, jusqu'à sa mort en 1959 à l'hôpital psychatrique de Leyme pour "délire chronique de revendications politico-sociales" et délire de persécution.

 

 

 

Germaine Dulac © Collection Bibliothèque Amiens Métropole

© Collection Bibliothèque Amiens Métropole

Germaine Dulac

(1882-1942)

Née à Amiens, en 1982, Germaine Dulac passe une partie de sa jeunesse dans la ville avant de devenir une figure majeure du cinéma d'avant-garde et du féminisme des années 1920. Dès 1915, elle se lance dans la réalisation, défendant un cinéma libre et engagé, et signe près d'une trentaine de films, entre fictions, documentaires et actualités. Son œuvre rayonne bien au-delà de la France.

Ses deux films les plus célèbres sont, La Souriante madame Beudet (1923) qui montre une héroïne moderne, prisonnière d'un mariage bourgeois, et La Coquille et le Clergyman (1928), inspiré d'un scénario d'Antonin Artaud, mal accueilli lors de sa sortie, l'oeuvre est aujourd'hui reconnue comme un jalon majeur de l'histoire du cinéma, souvent considéré comme le premier film surréaliste.

En 1931, elle rejoint Gaumont, où elle devient entre 1933 et 1940 directrice adjointe des actualités, contribuant à façonner l'information cinématographique de l'époque. Parallèlement, elle préside dans les années 1930 la section Cinéma du Conseil national des femmes françaises. Fondatrice de sa propre société de production, Germaine Dulac explore flous, surimpressions et variations de rythme, utilisant ralentis et accélérations pour créer un cinéma impressionniste salué par les cercles avant-gardistes et surréalistes. Audacieuse, elle met en scène des femmes qui s'affranchissent des hommes, imposant sa vision originale et son indépendance dans un milieu alors largement masculin.

Fragilisée par une maladie, Germaine Dulac meurt à Paris en 1942.

 

 

Madeleine Michelis © Collection Bibliothèque Amiens Métropole

© Collection Bibliothèque Amiens Métropole

 

 

Madeleine Michelis

(1913-1944)

Issue d'une famille d'artisans, Madeleine Michelis se distingue très tôt par son talent scolaire. Admise au concours des bourses après l'école primaire, elle entre au cours secondaire de jeunes filles, puis intègres la khâgne du lycée Condorcet à Paris en 1932. Elle réussit ensuite le concours d'entrée à l'École normale supérieure de Sèvres.

En 1942, elle est nommée professeure de lettres à Amiens. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Madeleine Michelis s'engage très tôt dans la Résistance et participe activement au réseau Shelburn, qui aide des aviateurs alliés à rejoindre l'Angleterre.

En 1944, elle est arrêtée par la Gestapo à son domicile à Amiens et transférée à Paris pour y être interrogée. Malgré les sévices subis, elle refuse de parler et meurt dans des circonstances suspectes.

En 1945, elle reçoit à titre posthume la Légion d'honneur, remise par le général de Gaulle, et en 1975, le lycée d'Etat de jeunes filles d'Amiens où elle enseigna prend le nom de lycée Madeline-Michelis.

 

 

Manon Roland © Collection Bibliothèque Amiens Métropole

© Collection Bibliothèque Amiens Métropole

 

 

Manon Roland

(1754-1793)

Figure majeure de la Révolution française, Manon Roland fut une intellectuelle engagée et une actrice politique à part entière. Séjournant à Amiens dans les années 1760, elle s'investit dans la vie intellectuelle locale et s'intéressa vivement aux idées des Lumières, à l'éducation et à l'amélioration du cadre de vie urbain.

Son séjour à Amiens est marqué par la valorisation des savoirs scientifiques, notamment autour du Jardin des Plantes, lieu emblématique de diffusion des connaissances botaniques auprès du public, en résonance avec son intérêt marqué pour la botanique.

À Paris, son salon politique joua un rôle central dans l'ascension du courant girondin, dont elle fut l'une des principales inspiratrices. Femme d'influence dans un monde d'hommes, elle paya cher son engagement : accusée de trahison après la chute des Girondins, elle est guillotinée le 8 novembre 1793. Sur la route qui la conduit à l'éhafaud, une phrase devenue célèbre lui est attribuée a posteriori par Alphonse de Lamartine : "Ô Liberté, que de crimes on comment en ton nom !"

 

Véronique Silver © © AGIP / Bridgeman Images

© AGIP / Bridgeman Images

Véronique Silver

(1931-2010)

Née à Amiens, Véronique Silver était une comédienne française dont la carrière embrasse le théâtre, le cinéma et la télévision. Formée aux arts dramatiques, elle débute au cinéma en 1954 dans Si Versailles m'était conté... de Sacha Guitry, puis enchaîne de nombreux rôles dans des films marquants du cinéma français des années 1950 à 2000.

Parmi ses performances les plus notables figurent Madame Jouve dans La femme d'à côté de François Truffaut (1981), qui lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle, et des rôles dans Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais ou La passante du Sans-Souci de Jacques Rouffio. Sur les planches, elle se produit notamment dans des pièces variées dès les années 1950, comme La Résistible  Ascension d'Artu Ui, mis en scène par Jean Vilar ou plus tard dans La Dispute mis en scène par Patrice Chéreau, mêlant comédie et drame. À la télévision, elle participe à des séries et téléfilms comme Les Enquêtes du commissaire Maigret ou Les Cinq Dernières Minutes.

Ces références montrent qu'au-delà du grand écran, Véronique Silver est une figure du théâtre français et de la télévision populaire, présente dans des formats variés allant des classiques aux feuilletons télévisés. Véronique Silver s'éteint à Paris à l'âge de 78 ans.

Dolores Vanetti © © Illustration portrait I.A.

© Illustration portrait I.A.

 

Dolorès Vanetti

(1912-2008)

Actrice, poétesse et journaliste née à Amiens, Dolorès Vanetti est une personnalité discrète. Orpheline, élevée par sa grand-mère, elle a laissé peu de traces biographiques, ce qui explique la rareté des informations la concernant, malgré une carrière artistique marquée par la liberté et l'engagement.

À quatorze ans, elle part comme jeune fille au pair à Londres. De retour en France, elle maîtrise l'anglais : un véritable tremplin. En 1940, alors qu'elle est déjà actrice, elle quitte Paris pour New York. Elle y fréquente Alexander Calder, Marcel Duchamp, André Breton. Elle ouvre à Jean-Paul Sartre les portes des États-Unis et lui en fournit les clés de compréhension, dans le cadre d'une relation à la fois intellectuelle et amoureuse.

Elle publie des poèmes dans la revue VVV, dirigée par André Breton, puis produit pour Pierre Lazareff, à l'Office of War Information, une émission radiophonique quotidienne intitulée The Woman Show. Elle tient ensuite, dans Vogueune chronique destinée à sensibiliser le public américain à la découverte et à la compréhension d'une culture étrangère.

Dolorès Vanetti s'est finalement effacée au milieu de ses collections - masques de Nouvelle-Guinée, d'Alaska, d'Afrique - et d'autres œuvres remarquables, dans son appartement new-yorkais.

Madeleine Varin © © Iwin Leullier

© BNF Atelier des Ursulines d'Amiens, Grand Antependium (détail de saint Ursule), vers 1660-1680, Amiens

© Iwin Leullier Ursule, Amiens, Musée de Picardie

 

 

Madeleine Varin

(1611-1647)

Fille du peintre du roi Quentin Varin, Madeleine Varin est moniale au sein du couvent des Ursulines d'Amiens qui se situait autrefois sur l'actuelle rue des Jacobins. Au début du XVIIᵉ siècle, elle contribue à y a introduire le goût des arts en participant à la fabrication de broderies raffinées à l'aiguille, en fils d'or, d'argent, de soie et de laine, qui deviennent une caractéristique artistique du couvent.

Elle est également chargée de la décoration de la chapelle du couvent, projet qu'elle n'a toutefois pas pu mener à terme en raison de son décès à l'âge de 36 ans. Cela illustre l'étendue de son engagement artistique dans la vie conventuelle des Ursulines d'Amiens.

Ainsi, les Ursulines développent à Amiens une tradition de broderie liturgique d'exception, dont le Grand Antependium constitue aujourd'hui l'un des témoignages les plus remarquables. Conservé depuis 2024 au Musée de Picardie, il a été acquis grâce à une campagne de mécénat et de financement participatif. Chef-d'œuvre de "peinture à l'aiguille", cette pièce majeure de broderie religieuse du XVIIᵉ siècle illustre la virtuosité technique des religieuses de l'atelier, formées auprès de Madeleine Varin et faisant ainsi fructifier son héritage artistique.

Honorine de Viane © Gustave Boscher - Portrait d'Honorine de Viane, 1875

© Gustave Boscher - Portrait d'Honorine de Viane, 1875

 

 

Honorine de Viane

(1829-1910)

Née à Vesoul, 1829, dans une famille bourgeoise, Honorine de Viane est veuve et mère de deux filles lorsqu'elle épousa Jules Verne en 1857 à Paris. De cette union naît leur fils, Michel. En 1871, le couple fait le choix de s'établir définitivement à Amiens, ville à laquelle Honorine demeure profondément attachée et où elle dispose de solides réseaux familiaux et sociaux.

Elle devient alors une figure centrale de la trajectoire amiénoise de Verne. Maîtresse de maison et soutien social, Honorine organise salons, réceptions et rencontres culturelles, contribuant à l'ancrage de l'écrivain dans la vie bourgeoise et intellectuelle locale.

La Maison Jules Verne, au 2 rue Charles-Dubois à Amiens, visitée aujourd'hui comme patrimoine muséal, incarne ce lien intime entre le couple et la ville. Honorine de Viane disparait en 1910 à Amiens.

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