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Plutôt qu’une figure locale décédée, la commune, encouragée par les professeurs et les élèves, a baptisé son école du nom de cette directrice de recherche au CNRS, émue de cet honneur.

14.10.2026

JDA 1167

En France, il y a 523 écoles publiques dénommées Jules-Ferry, 375 Jacques-Prévert… Et désormais une école Audrey-Dussutour. Pour “baptiser” son école qui n’avait pas de nom, la commune de Saint-Sauflieu a honoré cette directrice de recherche au CNRS, spécialiste des fourmis et des organismes unicellulaires. « Plus qu’un prix ou qu’une publication, je suis touchée », a réagi Audrey Dussutour au premier e-mail de la municipalité. « Cela me tenait à cœur d’honorer une femme et de le faire de son vivant, explique la maire Magali Contant. On a tendance soit à retrouver les mêmes noms, soit à flatter des égos. Audrey Dussutour est très simple, méconnue mais une pointure internationale qui aiguise la curiosité, peut susciter des vocations et vaincre certains stéréotypes. Notamment le rapport des filles avec la science. »

« Le souvenir toute ma vie »

Audrey Dussutour, 48 ans, n’a pas l’accent picard mais aveyronnais. Et à l’origine aucun lien avec Saint-Sauflieu. Sauf que certains petits Sessoliens et Sessoliennes (le nom des habitants de Saint-Sauflieu) la connaissaient déjà pour avoir participé à son expérience “Élève ton blob”. Le blob, c’est cet objet vivant, longtemps non identifié, cette « omelette », comme vulgarise la scientifique, qui n’est ni un champignon, ni une plante, ni un animal mais qui apprend et se déplace grâce à son système veineux. Et si la chercheuse court les grandes universités du globe, elle n’a pas loupé le 25 septembre la cérémonie en son honneur dans “son” école. « J’en garderai le souvenir toute ma vie, s’ébahit-elle encore. Voir une école porter mon nom était déjà quelque chose d’incroyable. Mais sentir toute la bienveillance et l’énergie qui y régnaient a rendu le moment encore plus précieux. »

Antoine Caux