Fernando Casartelli : « On était tous Diego Maradona »
L’ancien défenseur argentin d’Amiens (2004-2007) avait 10 ans en 1986 quand le « Pibe de oro » emmenait l’Albiceleste sur le toit du monde.
08.07.2026
JDA 1160
Il a depuis longtemps retrouvé son Argentine après avoir enflammé Renancourt. En 2004, La Licorne apprenait à s’époumoner sur « Fernandoooo… Casartelliii », quand le défenseur jaillissait sur corner (16 buts en 55 matchs !). Deux ans et demi, c’est peu dans la vie d’un homme. Mais assez pour marquer les supporters. Assez, aussi, pour que la capitale picarde soit indélébile pour l’Argentin : « Deux de mes trois enfants sont nés à Amiens ».
Prier aux toilettes
Gamin, Fernando Casartelli s’est égosillé sur les exploits du plus grand. En 1986, il n’a pas encore 10 ans quand Diego Maradona soulève la Coupe du monde devant les 114 580 spectateurs (!) du stade de Mexico et quelques milliards de téléspectateurs. Quarante ans plus tard, Fernando n’a rien oublié : « À chaque mi-temps, je filais aux toilettes pour prier (rires). Les victoires, on les fêtait sur la place de ma ville, Villa Angela Chaco. Bizarrement, ici, le sport numéro 1, c’était le basket et les géants américains du club venaient fêter ça avec nous. Chaque enfant voulait être Diego, on était tous Diego. C’était bien plus qu’un joueur ». Un match résume tout. Le quart face à l’Angleterre. Maradona et ses extrêmes. D’abord le but de la main à la 51e minute (lui parlera de la main de Dieu). Puis, quatre minutes plus tard, le but de l’histoire, quand il remonte le terrain et que le ballon lui colle aux pieds.
La guerre des Malouines
« On ne l’a jamais pris pour un tricheur mais comme un héros national, confie Fernando. C’était quatre ans après la guerre des Malouines (conflit entre l’Angleterre et l’Argentine en 1982 pour cet archipel de l’Atlantique sud, ndlr). Beaucoup de jeunes de 18 ans y ont perdu la vie (649 militaires argentins morts au total, ndlr). Alors c’était plus qu’un match de foot, c’était une revanche. »
Antoine Caux