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La ministre des Solidarités et des Familles était ce 6 octobre à Amiens pour visiter la plateforme de répit de LADAPT. Un lieu qui offre un soutien administratif et psychologique aux aidants de personnes en situation de handicap.

Image Ministre 3 © Laurent Rousselin

10.10.2023

Entre 5,5 et 7,5 % des Français sont des aidants, c’est-à-dire qu’ils épaulent un proche nécessitant une aide à domicile. Un phénomène qui explique que la France a instauré en 2010 une Journée nationale des aidants. Sa 14e édition avait lieu ce 6 octobre. Aurore Bergé, ministre des Solidarités et des Familles, et Fadila Khattabi, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, l’ont passée à Amiens. Elles étaient plus précisément cité Esnault-Pelterie, à Renancourt, dans les locaux de LADAPT, l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, qui hébergent un foyer. Mais aussi une plateforme de répit pour leurs aidants.

6 000 places de plus en France

La veille, Aurore Bergé, avait dévoilé les premières mesures de la nouvelle stratégie nationale en faveur des aidants en annonçant la création de « 6 000 places supplémentaires de répit » pour les seniors et les personnes en situation de handicap, afin de permettre à leurs aidants de souffler. Le but : multiplier les lieux où accueillir dans des structures spécialisées des personnes âgées, handicapées ou malades, pendant quelques jours, que ce soit en semaine, le week-end ou pendant les vacances.

« Un peu de temps pour moi »

À Amiens, les témoignages qu’ont entendus les ministres confortaient la nécessité d’un tel dispositif. « Je suis la maman de quatre enfants, dont Cléa qui a 19 ans, autiste sévère non verbal. J'ai arrêté de travailler il y a douze ans et je suis son aidante à temps complet depuis plusieurs années, confiait ainsi Nathalie. Je bénéficie de la plateforme de répit depuis environ un an. C’est un peu de temps pour moi où je peux sortir, aller chez l'esthéticienne. Ce relayage au domicile avec notre accompagnant éducatif et social de la plateforme de répit est important pour moi et pour Cléa. »

Vers un guichet unique

Agée de 51 ans, Nathalie a aussi fait part des lourdeurs administratives et du besoin crucial d’un statut de l’aidant. « On voit les gens parler avec le cœur. Il y a des attentes et il y aura de vraies réponses à ces attentes », a assuré Nedjma Ben Mokhtar, adjointe au maire d’Amiens, déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la lutte contre les discriminations et à l’aide aux victimes. Aurore Bergé a d’ailleurs annoncé la création d’un service public départemental d’autonomie afin de faciliter les démarches des aidants. Ce guichet unique devra répondre à leurs nombreuses questions et les orienter vers les aides à disposition.

Et vers un statut juridique ?

La ministre n’a pas caché que « ce parcours du combattant » que vivent les aidants correspondait à « une maltraitance administrative ». Elle milite donc pour une définition précise de l’aidant inscrite dans la loi. « Oui, il est temps qu’un statut existe. Pour ne pas se sentir n’être rien et avoir une aide financière et morale », a abondé Sabine, 54 ans, en charge de son époux amputé d’une jambe. Parmi les autres témoignages, les ministres ont entendu celui d'Émilie, 15 ans, qui accompagne, avec sa mère, son père bipolaire et son frère autiste et malentendant.

« Moins de temps pour être une ado normale »

Émilie a résumé la réalité des jeunes aidants : « Je passe beaucoup de temps à aider ma famille. Je suis là pour alléger la charge de maman qui est aidante principale. C'est difficile d’inviter des amis à la maison. J'ai moins de temps pour être une adolescente normale. J’ai donc décidé d’aller en internat et de revenir le week-end pleine d’énergie. » Aurore Bergé a enfin promu la place d’une charte d’engagement que signeront les entreprises qui permettront à leurs salariés aidants de concilier travail et accompagnement de leur proche. « Il faut que les entreprises aient une vraie culture de bienveillance à l’égard des aidants, en les soutenant financièrement, en renforçant le congé proche aidant auquel ils ont droit et en les tenant régulièrement informés de la vie de l’entreprise », a-t-elle conclu.

Kaltoume Dourouri

Image ministre 1 © Laurent Rousselin

UN AIDANT, C’EST QUOI ?

Sont considérées comme aidants les personnes qui assistent régulièrement et de façon non professionnelle des personnes de leur entourage nécessitant une aide à domicile. Dans la plupart des cas, cela se passe dans un cadre familial (enfants en soutien aux parents ou inversement). Le ministère des Solidarités estime qu’ils sont entre 8 et 11 millions en France.