Avec l’EPSF, Amiens veille au train
L’Établissement public de sécurité ferroviaire a 20 ans. Entre libéralisation du marché et harmonisation européenne, l’autorité nationale installée à Amiens scrute le réseau français.
11.03.2026
JDA 1146
Ils sont 106 à s’activer sur deux étages et demi de l’immeuble Terralia, rue de la Vallée. Des cadres et des ingénieurs venus de l’industrie, de la fonction publique, de la SNCF. Leur bannière : l’EPSF, l’Établissement public de sécurité ferroviaire, né de l’ouverture à la concurrence du réseau en 2006 et qui, après des débuts à la Défense, a fait halte à Amiens. « Avoir une autorité nationale comme celle-ci en province, c’est rare, juge Laurent Cébulski, le directeur général. On rayonne en Europe car nous travaillons avec nos homologues de tous les pays. » Surtout dans un contexte d’expansion de l’ERTMS, le système de signalisation européen. « Notre domaine est très spécialisé, mais nous cherchons quand même à recruter localement, souligne Maxime Legent, secrétaire général de l’EPSF. 60 % de nos équipes habitent ici. »
Des règles et des rails
Concrètement, l’EPSF analyse chaque nouvelle ligne (et il y en a !), prolongement de voie, nouveau système de gestion des circulations, lancement de matériel roulant... Il suit donc de près le barreau Picardie-Roissy qui amènera le TGV à Amiens. L’établissement intervient auprès de tous les opérateurs : « On en compte maintenant environ 80, et on fait appliquer les mêmes règles à tout le monde, résume Laurent Cébulski. L’enjeu est important ». Si l’Espagne a connu une catastrophe le 18 janvier (l’expertise suit son cours), aucun des “événements” (incidents) récents en France – l’EPSF en a listé 35 000 en 2025 – ne s’en approche. « Les gros accidents surviennent quand toutes les barrières de sécurité ont sauté. Heureusement, il y en a beaucoup. » L’EPSF tenait pour ses 20 ans une conférence à Paris ce 12 mars. Parmi les sujets : l’intelligence artificielle. Un autre domaine où l’autorité fait entendre sa voix.
Jean-Christophe Fouquet