« Certains ont tout perdu »
Le 29 juin, une maison s’écroulait Grande-Rue-du-Petit-Saint-Jean chamboulant tout un quartier mais aussi le quotidien de Goulven Blanchard, élu de proximité sur le front pour aider les habitants.
02.09.2026
JDA 1161
« D’habitude, le 29 juin, on pense plutôt aux vacances ». Mais à 9h, ce matin-là, les plans de Goulven Blanchard, fraîchement élu et référent du quartier Petit-Saint-Jean, vont prendre une autre tournure. Au 47 de la Grande-Rue-du-Petit-Saint-Jean, les résidents de cette maison divisée en trois logements entendent un bruit, voient une fissure puis le mur qui casse. Et c’est la maison qui tombe et s’affaisse sur le poteau électrique. Heureusement, tout le monde aura le temps de sortir.
Des habitants secoués
En créant ces élus de proximité (il y en a un par quartier), le maire d’Amiens Frédéric Fauvet voulait des élus au plus près des habitants : voilà Goulven Blanchard immergé, « un apprentissage express du rôle d’élu » : réunion de crise avec les pompiers, les services de proximité du secteur Ouest, le CCAS, Enedis... « Tout était à faire », se souvient-il : bloquer la rue – « Des personnes forçaient le passage. Or, elles pouvaient prendre la maison sur la tête » –, sortir les gens – « Les habitants étaient secoués, sans rien » –, gérer les parents d’élèves qui viennent chercher leurs enfants... « C’est un quartier coupé en trois bandes : la rivière, la voie ferrée et la rue qui, bloquée, bouscule toutes les routines. »
Goulven Blanchard.
Entraide et difficultés
Avec l’élu d’astreinte Maxime Gignon, Goulven Blanchard va frapper à toutes les portes des gens privés de courant. « On était après la paie, les frigos étaient pleins. Certains habitants ont pu transférer chez des voisins. D’autres ont tout perdu », s’attriste l’élu, au cœur des réalités des sinistrés avec qui il garde le lien : « Dans un quotidien difficile à gérer, ils ont du mal à accepter la lenteur des processus légaux ». La question du relogement est délicate. « La clause “relogement” ne fonctionne pas dans la plupart des contrats d’assurance, déplore l’élu de proximité qui applaudit l’accompagnement du CCAS. Certains ont résilié leur bail. D’autres doivent engager des frais tout en continuant de payer leur loyer. Et avec les meubles toujours dans l’habitation. » La rentrée est un peu redoutée. Tous espèrent une démolition rapide (lire ci-dessous). Et un retour à la normale.
Antoine Caux
Et maintenant ?La mairie, qui ne peut détruire une propriété privée, a mis en demeure le propriétaire de procéder à la démolition. Le délai n’a pas été respecté. Il appartient désormais au tribunal administratif de valider la démolition du numéro 47 par la Ville, condition à la réouverture de la Grande-Rue-du-Petit-Saint-Jean. Côté bus, les lignes 7 et T44 sont déviées. Détails sur ametis.fr. |