Échappées vertes
Les espaces naturels d’Amiens Métropole, écrins à la biodiversité insoupçonnée et à préserver, se révèlent au public ce printemps.
08.04.2026
JDA 1150
La nature à deux pas. Nichés dans la vallée de la Somme, entre champs et marais, Amiens et ses alentours offrent la possibilité de s’aérer en quelques foulées ou coups de pédale. Pour en profiter, des sites naturels s’ouvrent exceptionnellement aux visiteurs en avril, tel le Fond Mont-Joye à Dury. D’autres sont accessibles à l’année à la lisière de la ville, comme le marais des Bœufs à Camon ou la gravière de Pont-de-Metz. « Ces atouts verts sont favorables au développement d’une flore et d’une faune sauvages propres à notre territoire, souligne Laurent Gavory, chef de projet espaces naturels à Amiens Métropole. Notre mission est de conserver les habitats naturels des espèces locales dans le cadre d’une gestion périurbaine adaptée. »
Concilier les usages
Pour prendre soin de ce patrimoine, Amiens Métropole travaille de concert avec le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) Hauts-de-France qui œuvre à « la protection, la gestion et la valorisation de quinze sites remarquables de l’Amiénois », indique Christophe Lépine, qui préside cette association régionale basée à Boves ainsi que la Fédération nationale. « Nous accompagnons les collectivités, les entreprises et les particuliers dans leurs projets de conservation de zones naturelles, en signant notamment avec eux des conventions, rappelle-t-il. L’objectif est de mettre en place des solutions collectives pour concilier les usages et préserver la biodiversité. » Sur le terrain, des études scientifiques sur les espèces existantes et/ou en danger sont réalisées, puis des programmes d’aménagements établis au fil des saisons. Cela passe par des chantiers d’insertion ou bénévoles et des partenariats avec le monde agricole pour le pâturage.
« Des ressources vitales »
« Ici, les zones humides et tourbières, typiques des sols d’Amiens, sont des ressources vitales, insiste Christophe Lépine. Bien entretenues, elles représentent à la fois une richesse pour les espèces, un lieu de balade, un puits de carbone et un moyen intrinsèque de limiter les risques d’inondation comme de garantir la qualité de l’eau des nappes par filtration. » Les actions de valorisation portent leurs fruits, à l’exemple de la réserve naturelle nationale de l’étang Saint-Ladre, à Boves, dans la vallée de l’Avre. La gentiane pneumonanthe aux grandes corolles bleues, en voie de disparition, y a retrouvé sa place, passant de dix à 600 pieds en quelques années. Au-delà de son expertise technique et environnementale, le CEN accueille le public sur place lors de sorties nature (lire ci-dessus) et sur des sentiers de randonnées. « Cet hiver, les passerelles du marais des Trois-Vaches ont été rénovées, précise Laurent Gavory. Ces ouvrages permettent une meilleure accessibilité des lieux et l’observation des écosystèmes. » D’autres chemins devraient prochainement être réhabilités au sein de plusieurs espaces naturels. Autant de réservoirs de biodiversité à sauvegarder et à découvrir.
Simon Playoult
15sites d’Amiens Métropole sont gérés par le Conservatoire d’espaces naturels Hauts-de-France, soit 374 hectares. |
PLUS VRAI QUE NATURE
Plusieurs sorties nature proposent de percer les secrets de nos espaces naturels ces prochains jours.
- Le grand retour des oiseaux. Partez à la découverte des espèces des marais communaux de Camon. Le 11 avril, de 8h45 à 11h
- À la rencontre des oiseaux nicheurs du Fond Mont-Joye (photo), à Dury. Après une petite marche d’approche à travers la plaine, place à l’observation sur ce site préservé aux portes d’Amiens, ouvert uniquement de façon encadrée. Le 15 avril, de 8h30 à 11h30
- La saison de l’amour chez les anoures. Balade bucolique à l’étang Saint-Ladre, au plus près de ces amphibiens de la réserve naturelle de Boves. Le 18 avril, de 9h30 à 11h
> Informations et réservations auprès du CEN : 03 22 89 63 96
SOUTENEZ L’ÉTANG SAINT-LADRE
Poumon vert de l’est d’Amiens, l’étang Saint-Ladre est classé réserve naturelle nationale depuis 1979. Ouvert toute l’année, il regroupe plus de 1 000 espèces animales et végétales. Aménagé en 2008, le sentier qui le traverse a subi l’usure du temps et des passages. Pour le rendre praticable au plus grand nombre et l’améliorer, le Conservatoire d’espaces naturels Hauts-de-France vient de lancer une campagne de financement par mécénat à laquelle chacun peut souscrire.
TROIS SITES À VOIR EN AVRIL
La montagne des Grès à Grattepanche. À l’orée de ce village typique, ce coteau parsemé de genévriers révèle en avril un tapis violet d’anémones pulsatilles. Sur ces pentes crayeuses, la biodiversité est entretenue par des moutons avec un éleveur local.
Le grand marais de la Queue à Blangy-Tronville (photo). Tourbières et étangs sont propices au développement des nénuphars blancs dès avril et d’autres plantes spécifiques comme la renoncule grande douve.
Le marais de Thézy-Glimont. Entre saules, aulnes et peupliers, qui éclosent en avril, plusieurs espèces végétales et animales y trouvent refuge : myriophylle verticillé, morène aquatique, grèbe castagneux...