Jacques Bataille, poings de départ
Le tournoi qui réunit 220 boxeurs au Coliseum du 16 au 18 avril porte le nom du plus grand boxeur amiénois de l’histoire, vainqueur après-guerre des Golden Gloves à Chicago.
08.04.2026
JDA 1150
1949. La France pleure le boxeur Marcel Cerdan, héros national, décédé tragiquement en avion. La boxe est alors à son apogée, moment où les uppercuts d’un Amiénois emportent aussi les foules. Jacques Bataille n’est pas le bombardier marocain, le surnom de Cerdan (né à Sidi Bel Abbès), mais un gamin qui a vu le jour à Amiens en 1929 et prend déjà l’avion, à 20 ans, direction Oslo (Norvège) pour y devenir champion d’Europe. Puis qui traverse l’Atlantique pour aller décrocher une victoire aux Golden Gloves de Chicago, toujours considérés comme le plus grand tournoi amateur du monde. « C’est sans conteste le meilleur boxeur amiénois de tous les temps », estime Lionel Herbet, 84 ans. L’ancien journaliste du Courrier Picard avait rencontré Jacques Bataille dès 1959 avant de devenir son ami. « Jacques Bataille a affronté le grand Ray Famechon, dans un Cirque d’Amiens bondé, retient Lionel Herbet. Un combat mythique, perdu aux points alors qu’il avait une côte fracturée ! »
Tournoi « authentique »
« La boxe était plus difficile, les gants étaient petits, en cuir », admire Jérôme Fouache, éleveur de champions à l’Amiens Boxing Club. Sa salle du gymnase La Veillère, il l’a justement baptisée Jacques-Bataille. Nom également donné à son tournoi des Ceintures d’Amiens Métropole créé il y a deux ans et qui rassemble cette année au Coliseum 220 boxeurs venant de toute l’Europe. Les très remarqués Housni Zahlag (-67kg) et Aro Ahmadyan (super-lourd) sont attendus devant leur public. « Attention, ce n’est pas un tournoi bidon, leurs adversaires ont un palmarès, avertit Fouache. Il n’y a rien d’arrangé, on se retrouve là face à l’incertitude du sport. » Jacques Bataille, décédé en 1981 à 52 ans après avoir travaillé chez Dunlop et être devenu entraîneur, aurait apprécié. Jérôme Fouache : « Si je dois laisser une trace, c’est que les jeunes n’oublient pas les anciens ».
Antoine Caux
| Ceintures d’Amiens Métropole Les 16 et 17 avril (dès 14h30) Entrée libre Le 18 avril (finales à 18h) 5 et 10 € Coliseum |