Jean-Karl Lucas: « Le 12 juillet 98, il y avait une légèreté dans Amiens »
La moitié du duo Madame Monsieur, grand amateur de ballon rond, avait 16 ans pour le premier sacre des Bleus qu’il a vécu sur écran géant au Cirque
10.06.2026
JDA 1156
Il se définit lui-même comme un grand fan de foot, plaçant « l’équipe de France au-dessus de tout ». Et quand il ne compose pas, qu’il ne produit pas ou qu’il n’enchaîne pas les concerts, Jean-Karl Lucas, moitié du duo Madame Monsieur qui avait représenté la France à l’Eurovision en 2018, écrit sur son autre passion. L’an passé, il a publié J’y étais (éd. En Exergue). Plus qu’un hommage au foot, un hymne aux émotions qu’il procure, donnant la parole à 32 témoins (connus ou anonymes) de matchs qui ont fait l’histoire, 32 récits conjuguant l’intime et l’universel. Et où était Jean-Karl Lucas le fameux 12 juillet 1998? Au Cirque avec les copains. Vivant le “ Et 1 et 2 et 3 - 0 ” sur écran géant et fauteuils en velours.
Biberonné aux VHS de foot
« Je revois une journée toute en allégresse, en légèreté. Tout le monde était sur un petit nuage, à croire que personne ne doutait de l’issue. D’ailleurs, j’ai peu d’images du match. Comme si je l’avais rêvé. Mettre 3-0 au Brésil a de toute façon quelque chose d’hallucinatoire. » Biberonné aux VHS des grands moments des Coupes du monde, le jeune Jean-Karl avait bien observé un décalage entre lui et ses potes. « Je voulais à tout prix voir Deschamps soulever le trophée comme Maradona l’avait fait avant lui. Une image iconique. Mes amis, qui découvraient le foot cet été-là, s’en fichaient et étaient pressés d’aller faire la fête. » Son seul regret : « Ne pas avoir vécu le match avec mon père resté à la maison. J’avais 16 ans, le foot c’était notre truc à nous deux ». Ils tomberont dans les bras l’un de l’autre le lendemain. La France était championne du monde et voilà qu’ils conjuguaient eux aussi l’intime et l’universel.
Antoine Caux
La semaine prochaine, une autre personnalité amiénoise nous racontera son souvenir de Mondial.