L’État “remet au pot” chez Eurolysine
Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, est venu le 5 juin annoncer un soutien de 70 millions d’euros à l’usine amiénoise de production de lysine.
10.06.2026
JDA 1156
Coup de pouce, encore un. Dernière usine de production d’acides aminés par fermentation en Europe, Eurolysine (ex-Ajinomoto, ex-Metex) a été reprise il y a deux ans par le groupe Avril, avec le soutien de l’État. Depuis, 25 millions d’euros ont été investis pour moderniser le site et plus de 50 recrutements effectués, portant aujourd’hui le nombre de salariés à 363. Malgré cette mobilisation, l’entreprise fait face à une concurrence chinoise jugée « déloyale et féroce » par Paul-Yves L’Anthoën qui a martelé ce message devant les salariés le 5 juin, à l’occasion de la visite du ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin. Le directeur général d’Avril a été rejoint par son président, Arnaud Rousseau : « Nous devons défendre la souveraineté de nos productions animales pour éviter d’être demain à la merci d’une industrie chinoise devenue monopolistique sur le marché ».
« Une bouffée d’oxygène »
L’enquête antidumping ouverte le 30 avril par la Commission européenne doit statuer sur ces conditions commerciales, dénoncées par Eurolysine, et sur la mise en place de possibles sanctions dans les mois à venir. En attendant les résultats de l’instruction, « l’État remet au pot », a rassuré Sébastien Martin. « Nous sécurisons l’avenir du site d’Amiens et préservons une capacité de production unique en France. » Concrètement, 70 millions d’euros vont être injectés au capital de l’entreprise. L’État va apporter 45 % de cette somme, le reste revenant à Avril. « C’est une bouffée d’oxygène pour les salariés, en premier lieu, mais aussi pour le territoire, souligne Léon Deffontaines, vice-président d’Amiens Métropole à l’industrie et à la recherche. Nous attendons désormais un engagement fort de la part de l’Europe pour sauver les emplois. » Le futur d’Eurolysine, défendu par le président d’Amiens Métropole Frédéric Fauvet et d’autres élus locaux dans une lettre envoyée le 26 mai à Paris et Bruxelles, en dépend.
Simon Playoult