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La route comme terrain d’expression

Parti d’Amiens l’été dernier sur son vélo, Simon Kervarec a rallié le Népal. Un périple de 10 000 kilomètres qu’il perçoit comme une revanche sur la vie.

La route comme terrain d’expression © D.R.
Simon Kervarec, à Pokhara au Népal, au terme de son voyage de 10 000 kilomètres à vélo depuis Amiens.

06.05.2026

JDA 1152

Quand les mots résistent, les kilomètres parlent. « Le sport et le vélo sont un refuge pour moi depuis longtemps », confie Simon Kervarec. Son handicap invisible – il est diagnostiqué dysorthographique, dyslexique –, cet ultra-trailer l’évoque volontiers car il en a fait une force. Au point de se sentir les jambes pour se lancer dans un tour du monde en solitaire. « J’ai connu une scolarité difficile et commencé à travailler à 15 ans. Depuis, je me préparais à ce grand voyage. Il fallait que je parte, c’était plus fort que moi. » À 30 ans, l’Amiénois quitte son emploi, vend sa voiture, équipe son vélo du strict minimum et prend la route « pour une aventure humaine en totale autonomie ». Premiers coups de pédale devant la cathédrale le 31 août 2025 et cap à l’est, direction le Népal, son eldorado.

Voyage et partage

 

En chemin, Simon Kervarec souffre, connaît quelques déboires, dort parfois chez l’habitant « sans parler un mot d’anglais ! ». Surtout, il traverse des paysages et fait des rencontres « incroyables ». Le cycliste évite l’Iran et la Russie, passe par l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et l’Inde en suivant l’ancienne Route de la soie avant d’atteindre le massif de l’Annapurna, son but, à raison de 150 km en moyenne par jour. Son quotidien, il le partage avec des élèves en situation de handicap de l’école Saint-Joseph, à Saint-Leu, qui dispose d’un dispositif Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) : « Je veux leur montrer qu’il est possible de réaliser ses rêves, quoi qu’on puisse leur dire ou faire croire ». Rentré à Amiens au printemps, Simon Kervarec a rendu visite à ses petits fans de l’école, avant de s’envoler, fin avril, pour l’Amérique du Sud, seconde partie de son tour du monde. Habitué des treks en haute montagne, le globe-trotteur va rejoindre Ushuaïa, en Argentine, depuis la Colombie. Près de 10 000 nouveaux kilomètres, à pied cette fois.

Simon Playoult