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L’offre de toilettes publiques augmente en ville. Un vrai enjeu de société.

Ne pas se priver des toilettes publiques © Laurent Rousselin

09.09.2026

JDA 1162

Un vendredi matin, contre-allée du boulevard de Beauvillé. Un car belge dépose des retraités prêts à arpenter Amiens. Direction la cathédrale ? Les hortillonnages ? Non. Les toilettes. La sanisette JCDecaux est prise d’assaut. « Mon mari commençait à trouver le voyage un peu long, commente cette dame. Ces toilettes à la sortie du bus, c’était providentiel. » La question de l’envie pressante devient un enjeu urbain. Les plus de 65 ans représenteront un quart de la population en 2040. Et pas besoin d’être une personne âgée pour s’être retrouvé dans la position de ce Belge, que l’on soit avec des enfants, en fauteuil, en promenade ou au travail, un homme ou une femme (il faudrait d’ailleurs davantage de lieux d’aisances du fait des menstruations). Après tout, comment font les taxis, les livreurs et tous les métiers dits “mobiles” ?

Six nouvelles sanisettes

En 1981, la société JCDecaux, spécialisée dans la publicité et le mobilier urbain, réinventait les vespasiennes (supprimées dans les années 1970) en créant la sanisette. À Amiens, la société vient d’en installer six nouveaux modèles, les mêmes qu’à Paris, répondant à un marché public de la Ville. « Nous en avons remplacé quatre, notamment les deux de l’hôtel de ville, les plus sollicitées, et créé deux nouvelles place Goblet et square Friant, précise Christophe Da Silva, directeur régional de JCDecaux. L’emplacement d’une septième est encore à définir. » Celle de la place René-Goblet a trouvé sa “clientèle” (ces WC restent gratuits) avec 2000 passages par mois. Le record appartient à celle de la rue Albert-Dauphin avec 4000 passages durant le mois du marché de Noël. Et ce, sans compter la fréquentation des urinoirs qui équipent désormais ces toilettes. Elles offrent également un point d’eau bienvenu avec la montée des températures. À noter que de nouvelles toilettes verront le jour en octobre près de l’aire où se tient Un été à Amiens au parc Saint-Pierre.

Antoine Caux

Ne pas se priver des toilettes publiques - Esmain © Laurent Rousselin

 

Au pied de la cathédrale, le sourire d’Esmaïn

Il parait toujours de bonne humeur même s’il vous dit que « tout le monde n’est pas toujours sympa ! ». Esmaïn Zouita est agent d’Amiens Métropole et entretient les toilettes publiques en contrebas de la cathédrale, une “adresse” bien connue des touristes. « Le pic, c’est juillet-août », confirme notre homme. « Dans mon cas, on voit de tout. » Des gens sales ? « Beaucoup ! Et vous savez, les personnes bien habillées ne sont pas les plus propres. » Esmaïn, lui, lustre comme si c’était chez lui : « Quand on me dit : “Merci, c’est très propre”, ça me fait plaisir ».

 

L'appli qui vous dit où faire pipi 

ICI Toilettes est une application gratuite qui référence les commerces où l’on peut se soulager sans consommer sur place. À Amiens, une demi-douzaine de commerçants ont répondu à l’appel de la mairie qui les défraie à hauteur de 100 € par mois.

Ne pas se priver des toilettes publiques - L'appli © Getty images / Amiens Métropole