Risque incendie : un avant et un après Crans-Montana
Frédéric Garbe, spécialisé dans la sécurité incendie, constate une plus grande prise de conscience des entreprises depuis le drame survenu dans un bar suisse.
11.03.2026
JDA 1146
« Vous auriez des bougies pour le gâteau ? », demande une maman dans un restaurant d’Amiens. Le patron, embarrassé : « On évite depuis ce qu’il s’est passé en Suisse ». La mesure est radicale mais témoigne de l’impact du drame ayant emporté dans les flammes 41 personnes le soir du Nouvel An à Crans-Montana. Frédéric Garbe l’a constaté. Son entreprise FG-S Incendie élabore les plans d’évacuation, place les bons extincteurs aux bons endroits, forme le personnel, vérifie les alarmes, les coupures de sono... Ses clients ? Des bars, des restaurants mais aussi des entreprises et des commerces qu’il contrôle ensuite tous les ans.
Commission de sécurité
« Les professionnels mesurent mieux l’importance de nos consignes, observe Frédéric Garbe. Avant, beaucoup d’entreprises à qui je proposais mes services me disaient : “Mes extincteurs sont périmés ? C’est pas grave, je verrai plus tard.“ » Hasard, les contrôles s’étaient, selon lui, intensifiés ces derniers mois. Une tâche qui incombe à une commission de sécurité menée par un pompier avec un élu et différents corps de l’État. « Tout établissement recevant plus de 100 personnes peut être visé, indique Bruno Legeard, du service gestion des risques de la Ville d’Amiens. La commission envoie ensuite un avis au maire qui demande alors au professionnel de se mettre aux normes. Lequel risque la fermeture s’il n’obtempère pas. » « Le renforcement des contrôles a un effet boule de neige, assure Frédéric Garbe. Les exploitants en entendent parler et s’assurent d’être aux normes. »
Antoine Caux