Miss France : quel bilan réel pour notre ville ?
02.03.2026
JDAmag 6
L’accueil de l’élection de Miss France dans notre ville a été présenté comme un atout majeur : vitrine nationale, audience télévisée et dynamisme économique supposé. L’engouement s’est traduit par une billetterie complète et une forte demande locale. Pourtant, l’organisation de l’événement a représenté environ 550 000 euros de dépenses, avec un reste à charge d’environ 100 000 euros après recettes et partenariats, soit environ 8 fois moins que le budget consacré à la lutte contre les violences et les discriminations. Même réduit, ce montant reste une dépense publique importante, pour un événement privé à portée essentiellement médiatique et de courte durée. Ce chiffre, bien inférieur à celui annoncé initialement par la communication municipale, interroge sur la transparence du bilan financier. Un débat s’est ouvert en conseil municipal et métropolitain : les dépenses, qu’il s’agisse de l’organisation, de la mobilisation des agents ou de la sécurité, représentent un choix politique fort et nécessitent une évaluation claire. Les retombées économiques, quand elles existent, sont concentrées sur le court terme et ne bénéficient qu’à une partie du tissu local. Sans bilan indépendant détaillé, il est difficile de savoir si ces quelques jours compensent l’usage de l’argent public. Face à ces questionnements, les responsables avancent l’argument de l’attractivité et du rayonnement. Mais peut-on justifier des choix budgétaires sur la seule promesse d’une visibilité médiatique, alors que nos services publics et nos politiques sociales demandent des moyens durables ? Il ne s’agit pas de nier l’intérêt culturel de l’événement, mais de demander transparence, responsabilité et priorités claires. Une ville ne se construit pas dans les paillettes d’une soirée télévisée, mais dans des projets solides et pérennes pour tous ses habitants.
Tarek Baïs et Assia Nouaour
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