Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

Les punaises de lit refont parler d’elles. Un réel problème, mais à ne pas dramatiser. Tour de la question avec le Service communal d’hygiène et de santé (SCHS) de la Ville d’Amiens.

Punaise de lit © Getty Images

03.10.2023

Y a-t-il une prolifération des punaises de lit ?

Oui, mais ce n’est pas nouveau. Le phénomène remonte à la fin des années 80 – début des années 90. Les punaises de lit ont toujours côtoyé l’homme, dont elles se nourrissent du sang. Dans les années 50 et 60, il y a eu une diminution drastique de leur population, liée notamment au fait que les produits utilisés à l’époque ne sont plus autorisés aujourd’hui. Depuis, cela remonte.

 

Est-ce un problème local ?

C’est un problème mondialisé, qui n’est propre à aucun territoire. Il est aussi dû à l’augmentation des déplacements et des transports de biens, à toutes les échelles. En France, 10 % des foyers ont été touchés entre 2017 et 2022, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Constate-t-on une accélération ?

Ces derniers jours, on a parlé de punaises de lit dans des trains, des cinémas ou des bibliothèques, comme à Amiens. Trois dossiers sont arrivés en même temps, d’où un emballement médiatique. Quantitativement, cela n’a pas évolué ces derniers mois.

 

Qu’il y en ait eu à Louis-Aragon, c’est une première ?

C’est la première fois que le SCHS de la Ville d’Amiens intervient (le 26 septembre, puis ultérieurement) sur un bâtiment public. Mais probablement pas la dernière. Il va falloir réapprendre à vivre avec la punaise de lit et à développer notre réactivité, individuelle et collective.

 

Comment cette bibliothèque a-t-elle été touchée ?

C’est difficile à dire. Peut-être qu’une ou plusieurs personnes en ont ramenées. Peut-être est-ce un meuble de récupération. Peut-être autre chose. Nous avons fait un premier traitement chimique localisé, mais il est possible qu’il en reste. Le recours à de la détection canine a été proposé.

 

Les punaises de lit sont-elles vectrices de maladies ?

Non. Certaines personnes peuvent avoir des réactions très douloureuses à leurs piqûres. Mais toutes les études confirment qu’à l’heure actuelle les punaises de lit ne sont pas vectrices d’agents pathogènes.

 

Est-ce un problème d’hygiène ?

Pas du tout, la propreté n’a rien à voir, la punaise de lit recherche juste un endroit sombre et des proies, c’est tout. On peut récupérer des punaises partout sans s’en rendre compte, et cela va vite. C’est pourquoi il faut faire si attention en voyage et agir vite en cas de suspicion pour éviter la prolifération et les traitements coûteux et fastidieux. Il n’y a aucune honte à avoir.

 

Comment repérer la présence de ces punaises ?

En cas de piqûres rouges et groupées sur les parties du corps exposées pendant la nuit, il faut bien inspecter la literie et les recoins environnants. Il faut chercher également des petites taches noires, qui sont les excréments. Puis agir vite en cas de confirmation.

 

Est-il dur de s’en débarrasser ?

Oui. Il faut “lisser” le logement au maximum. Réduire et inspecter l’ameublement, voire le traiter. Boucher les interstices, aspirer finement, laver ou congeler des objets, nettoyer à la vapeur, étuver... Une lutte chimique est aussi possible, mais il est préférable de faire appel à un professionnel. Souvent, le mieux est de combiner le traitement mécanique et le traitement chimique, selon la “méthode globale”.

 

Le SCHS intervient-il chez les Amiénois ?

Oui, mais notre mission première est le patrimoine public. Donc l’attente pour le particulier (intervention payante, ndlr) peut parfois être un peu longue, selon la gravité de la situation – d’autant que les punaises de lit ne sont pas les seules espèces invasives et nuisibles que nous combattons. Rien qu’un étuvage, c’est quatre heures. On ne peut traiter plus de deux dossiers par jour. Nous sommes victimes de notre succès, mais beaucoup de professionnels œuvrent dans ce secteur.

 

Que faites-vous si un particulier vous appelle ?

Nous posons des questions, notamment pour différencier la puce, qui pique surtout aux jambes, de la punaise de lit. Ou pour savoir s’il y a des déjections. Nous envoyons un guide d’information pour bien préparer le logement à une intervention. Nous faisons aussi une prévisite. Ensuite, nous intervenons ou non, selon nos possibilités.

 

Faut-il avoir peur de la punaise de lit ?

Non, il faut juste agir vite et bien en cas de problème. Sans honte, ni panique.

Propos recueillis par Jean-Christophe Fouquet

 À noter : la bibliothèque Louis-Aragon est fermée pour une durée indéterminée, le temps de s’assurer de l’éradication des punaises de lit.

MAJ au 09/10/2023: Louis-Aragon a pu rouvrir ses portes au public le 7 octobre après une nouvelle intervention du SCHS de la Ville d'Amiens.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

En 2018, les punaises de lit étaient déjà là. C’est à cette date que le SCHS d’Amiens a édité une plaquette d’information, disponible en trois langues, ainsi qu’une vidéo.

PUNAISES DE LIT : MIEUX LES CONNAÎTRE POUR MIEUX LES COMBATTRE