Du vin à Boves : qui l’eût cru ?
Kevin Monsigny a planté 2600 pieds de vigne à Boves. Première cuvée de ce vin made in Amiens Métropole en 2029.
07.10.2026
JDA 1166
Bienvenue sur les hauteurs de Boves. Partout, d’immenses parcelles de céréales, caractéristiques du coin. Et puis, d’un coup, ces alignements typiques de vignes qui détonnent. Les pieds ne sont pas encore très hauts. Mais pour Kevin Monsigny, ils symbolisent une première victoire, celle d’avoir résisté à la canicule : « C’était compliqué pour une année de plantation ». Pour la suite, le réchauffement climatique deviendra un atout. Kevin s’en excuserait presque : « On va avoir ici un climat comme la Loire voire le Bordelais. C’est totalement sensé de planter des vignes ». Et tant pis si ses copains vignerons du sud y voient « un peu de folklore ».
Formé dans le Gard
Kevin Monsigny a fait de la musique (avec son groupe Tweed début 2000). A fait du commerce (chez Broc’n’Roll). A fait des meubles. Et, depuis longtemps, a fait du vin sa passion. Cet habitant de Camon, qui a obtenu son brevet de responsable d’exploitation agricole option viticulture et œnologie en Champagne, a appris le métier loin des hortillonnages chez un vigneron à Tavel (Gard) avant de travailler à La Cour de Bérénice, à Terramesnil, entre Beauval et Beauquesne. « Maximilien et Sarah de Wazières ont été des pionniers dans la Somme, loue Kevin. Avant, c’était interdit. On ne pouvait pas planter hors des régions viticoles ! »
Un vin léger
En 2024, il se lance à son tour. Par l’intermédiaire de l’association Terre de liens, Joël, un habitant de Boves emballé par le projet, le contacte et lui propose sa parcelle de 7000 m2. « Il y avait 30 pommiers, j’en ai gardé deux, sourit Kevin, reconnaissant d’avoir été ainsi soutenu. La vigne aime les sols drainants. C’est pour ça que je n’en fais pas dans les hortillonnages. Là, c’est parfait. » Ses 2600 pieds, qu’il désherbe à la main, généreront « 3000 à 4000 bouteilles par an ». Pour quel vin ? « 99 % des vignes plantées en Picardie sont des Chardonnay. Moi, j’ai opté pour des cépages hybrides, résistants aux maladies. On a un tiers de cépages rouges, un tiers de blancs et un tiers de gris qui peut faire du blanc ou du rosé, tout dépend comment on le travaille en vinification. On aura un vin léger, équilibré. » Un vin qui sera mis en bouteille à Camon, chez lui, pour un cru 100 % Amiens Métropole. À déguster, avec modération, à partir de 2029.
Antoine Caux