Footballeur, miraculé et... écrivain
Paul Mortas, footballeur au Luxembourg et fils de l’ex-hockeyeur amiénois Anthony Mortas, raconte dans un livre sa rencontre avec la mort après une forme grave de Covid.
03.06.2026
JDA 1155
Il était parti seul au Canada, à même pas 20 ans, pour réaliser son rêve : devenir footballeur professionnel. Le 18 mars 2020, tout a basculé en cauchemar. Une pandémie s’est abattue sur la planète, la France est confinée depuis moins de vingt-quatre heures. À Montréal, le jeune footballeur universitaire Paul Mortas, qui se plaint de tremblements, de fièvre et de difficulté à respirer, se fait hospitaliser. La situation dégénère. On le place dans le coma. « Je me suis réveillé cinq jours plus tard dans un autre hôpital, avec 20 kg de moins et des trous dans les poumons, incapable de marcher, de boire... » Comme huit milliards de personnes, ses parents et sa copine sont interdits de déplacement. Paul est seul. Seul quand il entend les médecins lui dire que le foot, c’est fini. Seul, mais shooté aux médocs : « Ça m’a peut-être aidé à ne pas réaliser ». Qu’on se rassure : Le ciel est bleu, le titre de son livre cathartique qu’il a publié en avril, “spoile” le happy end. Contrairement à l’avis des docteurs, il retrouvera les terrains.
« La vie est si précieuse »
On peut aimer le foot et la littérature. Paul Mortas a toujours écrit. « Et très tôt dans cette histoire, j’ai éprouvé le besoin de noter ce que je vivais, ce que je ressentais, confie-t-il. Si je n’avais pas écrit au fur et à mesure, je ne l’aurais plus jamais fait. » Témoigner du plaisir d’un verre d’eau, de retrouver les proches, de humer l’air à la sortie de l’hôpital. « La vie est si précieuse », dit Paul qui, en routine d’écriture propre à tout écrivain, s’installait près de la fenêtre avant de rejoindre l’entraînement. Ses coéquipiers n’en ont jamais rien su avant la publication. Paul la joue néanmoins collectif : « Mon expérience peut aider ». L’expérience a un nom, celle du survivant. « Ça donne beaucoup de sagesse mais je l’ai payée au prix d’énormes souffrances. » Avec Le ciel est bleu, il peut tourner la page.
Antoine Caux
| Le ciel est bleu De Paul Mortas Dédicace chez Martelle le 13 juin, de 15h à 18h |