Octave Joncquel, dans les pas de Jules Verne
Auteur de science-fiction du début du XXe siècle, Octave Joncquel est méconnu des Amiénois. Ses écrits oniriques sont aujourd’hui mis en lumière.
28.01.2026
JDA 1142
L’actualité ferait-elle ressurgir l’œuvre d’Octave Joncquel ? L’auteur des romans d’anticipation Les Titans du ciel, L’Agonie de la Terre et L’homme qui supprima l’océan Atlantique sort de l’oubli un siècle après leur parution. L’Académie des sciences, lettres et arts, la plus ancienne société savante d’Amiens (fondée en 1750), a levé le voile sur ce curieux écrivain lors d’une conférence le 21 janvier à l’espace Dewailly. Un éclairage que l’on doit à son directeur annuel, Daniel Compère. Né à Doullens en 1879, Octave Joncquel vécut toute sa vie à Amiens. Mobilisé sur le front en 1914, il est réformé pour somnambulisme.
Du comique au merveilleux
« Ce trouble du sommeil est peut-être la source de son inspiration, une invitation à l’imaginaire », s’interroge Daniel Compère. De retour à la vie civile, l’homme tente une carrière d’artiste. « Il jouera le rôle de Lafleur et écrira sa propre revue, présentée à l’Alhambra en 1923, ancienne salle de spectacle située rue Delambre », indique le chercheur en littérature et spécialiste du roman populaire. Dans cette pièce comique, Octave Joncquel divertit le public avec des numéros loufoques comme Tout-en-Camon ou Hotoie de là... Parallèlement, son inventivité s’exprime dans le merveilleux et la science-fiction à travers ses trois romans parus dans les années 20 chez des éditeurs amiénois. « Ses textes, dont certains coécrits avec Théo Varlet, écrivain fantastique, sont plaisants à lire, tel un jeu de miroirs entre la fiction et le réel. C’est assez frappant car les thématiques traitées font écho à des événements actuels : les guerres terrestres et solaires ou la crainte de voir une civilisation disparaître. » Tirés à quelques exemplaires, les livres n’ont pas permis à Octave Joncquel d’être reconnu de son vivant. Pour gagner sa vie, il sera surtout homme-sandwich et automate humain pour promouvoir des enseignes de la ville. L’histoire ne dit pas si ce contemporain de Jules Verne, décédé en 1942, a croisé la route du créateur de Vingt mille lieues sous les mers. Les deux partageaient en tout cas le goût de l’aventure... en littérature.
Simon Playoult
Un festival fantastiqueEntre littérature et prophétie cinématographique, la science-fiction fait son festival à Amiens. Du 31 janvier au 15 février, le Ciné St-Leu et la bibliothèque Louis-Aragon s’associent à nouveau dans le cadre des Mycéliades. L’occasion de (re)voir cinq films dont Mad Max de George Miller, précédé d’un ciné-quiz, ou Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho. Petit-déjeuner littéraire et après-midi jeux de société autour de la science-fiction réuniront les amateurs de culture pop à Aragon le 7 février. Les Mycéliades, du 31 janvier au 15 février ‐ cine‐st‐leu.com ‐ bibliotheques.amiens.fr |