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Saint-Germain-L’Écossais bien dans son assiette

Cette église du XVe siècle suscitait des inquiétudes. Des études ont conclu à sa stabilité. Mais des travaux de rénovation seront nécessaires pour permettre sa réouverture.

Saint-Germain-L’Écossais bien dans son assiette 1 © Laurent Rousselin

21.01.2026

JDA 1141

Elle fait partie des 17 églises amiénoises (sur 21) appartenant à la Ville. Désacralisée en 1999, Saint-Germain-L’Écossais date de 1455-1490. Construite à 100 mètres au nord du beffroi, elle a souffert lors du siège d’Amiens par les Espagnols en 1597. S’ensuivit une restauration. La première, mais pas la dernière : une autre a eu lieu de 1855 à 1877. En 1918, l’église est à nouveau endommagée par les bombes allemandes. Puis par celles du 19 mai 1940. Sa remise en état s’étale de 1957 à 1992. C’est l’âge d’or du ciment et des erreurs sont commises. « Ce matériau incompatible avec la craie a engendré des dégradations », résume Émilie Messiaen, directrice déléguée au patrimoine d’Amiens Métropole. D’où des chutes de pierres.

Saint-Germain-L’Écossais bien dans son assiette 2 © Archives municipales et communautaires d’Amiens réf. 10Z513

L’église a survécu aux bombes de mai 1940.

En biais de longue date

Pourtant, le pire ne s’est pas confirmé. La véritable inquiétude concernait l’assiette même de l’édifice. Car l’église penche et est fissurée au niveau de sa tour. Un nouveau diagnostic a été dressé l’année dernière sous l’égide de Richard Duplat, architecte en chef des monuments historiques (Saint-Germain-L’Écossais est classée depuis 1906). « Les fondations, même les pieux en bois, sont stables et il n’y a pas de bouleversement de maçonnerie, rassure Richard Jonvel, directeur du service archéologique d’Amiens Métropole, qui a réalisé des sondages jusqu’à 3,5 mètres de profondeur. Ces désordres ont d’ailleurs été observés dès le XVIIIsiècle. Ils ont probablement eu lieu assez vite après la construction. »

 

Un soulagement

Comme les fouilles ont permis de le déduire, Saint-Germain-L’Écossais repose sur son flanc sud (le long de la rue) sur des fondations de maisons antiques. « Mais du côté nord, celui de la tour, on est sur le premier niveau tourbeux de la Somme », poursuit l’archéologue. Ce qui explique le mouvement initial, stoppé depuis. « C’est un soulagement, souffle Hubert de Jenlis, le maire d’Amiens. Il y aura quand même des travaux à mener avec l’État pour redonner vie à cette belle église, le plus vieil édifice religieux d’Amiens après Notre-Dame et l’église Saint-Leu. »

Jean-Christophe Fouquet

 

 

Saint-Remi protégée

Le gros des travaux d’urgence de l’église Saint-Remi engagés en mai 2025 (lire ici l’article du JDA #1123s’est achevé juste avant les fêtes de fin d’année. Le trottoir de la rue de la République qui la longe est à nouveau praticable. Il s’agissait notamment de protéger l’édifice néogothique des infiltrations en le couvrant d’une membrane. Les finitions d’étanchéité se poursuivent jusqu’à la fin du mois. En attendant d’éventuels travaux de restauration.

Saint-Germain-L’Écossais bien dans son assiette 3 © Laurent Rousselin