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Le groupe de rock dynamiteur de scènes et originaire d’Amiens vient de sortir un premier album salué par la critique : A place for My Hate.

Structures, incasable  © Noémie Laval

17.01.2024

JDA 1069

Ils chantent l’urgence. Bruts, nerveux, à vif, tendus. Il y a tout ça chez Structures et leur musique taillée pour la scène. Là où ils se sont révélés, là où ils nous confiaient un jour « lâcher les chiens », là où on s’imagine très bien s’exciter sur Pigs, l’un des douze titres de A Place for My Hate, sorti en novembre. Dans cette effervescence, et parce que c’est le jeu des chroniques musicales, il sera difficile d’échapper aux classifications et au tampon “new wave” pour le duo 100 % amiénois Pierre Seguin et Marvin Borges-Soares (celui qui accroche toujours une écharpe de l’Amiens SC sur un ampli). Eux refusent les étiquettes : « On nous demande toujours mais on a des influences de partout ».

 

Premier EP en 2018

De ce groupe “qui-monte-qui-monte” depuis un premier EP en 2018, on en avait presque oublié que ses membres, ex-ados des lycées Michelis et Luzarches, frisaient aujourd’hui la trentaine et n’avaient jamais sorti d’album. « On a longtemps resquillé. Il fallait qu’on prenne le temps, qu’on arrête les concerts, se défend Marvin. Mais cette énergie de scène, on l’a mise directement dans l’écriture. »

Leur propre label : Divorce

Cela donne un album réalisé notamment dans la baraque nichée au fond des bois de leur ami photographe Théo Gosselin, amiénois d’origine comme eux. Un album autoproduit avec le label Divorce, dirigé par Pierre. Divorce, comme celui forcé en décembre 2020, quand Structures quitta sur-le-champ la maison de disques avec qui le groupe devait sortir son premier album en apprenant que le patron était pris dans une affaire d’agression sexuelle. « Aujourd’hui, on est propriétaire à 100 % de notre musique », insistent les garçons. A Place for My Hate transpire le rock et montre un répertoire plus étendu, parfois moins radical qu’à leurs débuts, avec une voix, celle de Pierre, qui sait se faire moins autoritaire mais toujours magnétique. Elle parle d’amour, de haine, « des sentiments très adolescents » et dénonce une société aseptisée. La pochette, déjà, un vieux scan de l’écran de téléphone pulvérisé de Pierre, à l’époque où il fréquentait les Beaux-Arts, s’avère un pied de nez à l’ère d’Internet et à ses images trop lisses. « Il n’y a rien qui va. Les guerres, l’égalité femme-homme... Plus on se bat et plus on nous fout au sol. Heureusement qu’il y a une jeunesse qui prend conscience de tout ça... » Eux, jeunes, ont été biberonnés à la scène rock amiénoise des années 2000-2010 et n’oublient jamais leurs racines locales qui ont les traits et les riffs des Molly’s, Beyonders... Cette effervescence en slim qui eut son heure de gloire et dont ils sont quelque part les rejetons réussis. La mode n’est plus au slim. Structures a bien un avenir XXL.

Antoine Caux

A Place for My Hate

Structures (label Divorce)