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Antonin Feurté, 23 ans, a publié le 8 janvier son premier roman : Lâcher les chiens. Noir, éclaté, ancré dans le réel et la nature.

Un premier roman, une cavale sauvage © Photo : Laurent Rousselin / Couverture : Éditions Paulsen
Étudiant à Paris, Antonin Feurté revient régulièrement à Amiens et sur le chemin de halage.

04.02.2026

JDA 1143

Au téléphone avec son éditrice, Antonin Feurté a dit être obligé de “lâcher les chiens” pour avancer. C’est devenu le titre de son premier roman, à 23 ans. Une histoire d’usine de croquettes, de paranoïa, de fuite dans la nature, chiens aux fesses. Le jeune écrivain est parti de son vécu, notamment ses jobs d’été en nettoyage industriel « dans des usines, des hôpitaux, un aéroport », pour aller vers la fiction et décrire « une masculinité viciée, en réaction à la violence généralisée ». Son écriture inspirée d’ouvrages documentaires et/ou poétiques (Joseph Ponthus, Lorrie Jean-Louis, Thierry Metz) alterne trois temporalités : jeunesse, drame, cavale. Toutes au présent, en courts chapitres et courtes phrases. Ce débit énergique, cinématographique, plonge dans une psyché écrasée sous le poids des attendus, entre sociologie et “nature writing”. « La nature, c’est plus difficile. C’est chaotique, pas comme une chaîne de production. »

Pour l’amour des textes

Amiénois jusqu’à ses études à Paris puis Toulouse, Antonin Feurté prépare désormais un master dans l’édition, à Saint-Cloud. La découverte de ce métier grâce à son roman a donné à l’ancien élève du lycée Saint-Riquier l’envie de « défendre des textes », et pas seulement les siens. En attendant, ses régulières visites familiales le ramènent toujours sur le chemin de halage, « jusqu’au marais des Bœufs. Il y a un tel décalage avec la ville à deux pas ! ». Un plat pays au fil de l’eau, loin des Pyrénées que son protagoniste, ouvrier, fils de berger et révolté, arpente en homme traqué après avoir craqué. Mais la Picardie et sa « campagne domestiquée » pointeraient leur nez dans son prochain livre. Ainsi que les Ephad. Pas très glamour ? Peut-être, mais raccord avec un auteur qui ne se sent pas « “Instagram boy” » pour deux sous.

Jean-Christophe Fouquet

 

Lâcher les chiens

d’Antonin Feurté

(éditions Paulsen)