Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

 

 

Le « poteau des fusillés » situé dans le fossé ouest de la citadelle désigne le lieu d’exécution où 35 résistants, au moins, sont passés par les armes en 1940 et 1944 à l’abri des regards dans le stand de tir créé au début des années 1930.

Dès 1944, ce site chargé d’émotion devient un lieu de commémoration que s’approprient les associations des anciens résistants et déportés. Aujourd'hui le site du poteau des fusillés est associé à deux ou trois grandes cérémonies, comme celle de la Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation le dernier dimanche d'avril et celle du 30 août, veille de la date anniversaire de la libération d'Amiens.

Le poteau des fusillés 02 © Archives de la Somme 6FI51

Exécution de Lucien Brusque dans les fossés de la citadelle d'Amiens, le 12 novembre 1940 à 10h.

La mort comme issue fatale

Les premières condamnations à mort ont pour but de dissuader les Français de toute action hostile envers l’occupant. Si l’exécution le 12 novembre 1940 de Lucien Brusque et Émile Masson accusés de sabotage de lignes téléphoniques nous est connue, c’est grâce au photographe amiénois Pierre Caron. Celui-ci, chargé de développer des photographies prises par un soldat allemand, en fit des doubles et les transmit à la Résistance qui les diffusa.

A partir de l'été 1941 en réponse aux actions de sabotage et aux assassinats de soldats allemands l’occupant applique des représailles contre les communistes emprisonnés et les juifs. Ainsi, à Amiens, le 30 avril 1942, cinq hommes sont fusillés, parce que communistes pour répondre à l’attaque d'un train transportant des soldats allemands vers Caen le 16 avril 1942. En juillet 1943 le tribunal militaire allemand FK 580 d’Amiens condamne à mort « pour actes de franc-tireur et terrorisme » onze membres du groupe "Michel". Ils sont passés par les armes le 2 août 1943. Le plus jeune, Charles Arthur Lemaire, âgé de 17 ans, est exécuté le dernier. Jusqu'à la libération, les exécutions vont se succéder, désormais sans jugement lors des derniers mois.

 

Le poteau des fusillés 03 © Mairie d’Amiens

La liste des fusillés de 1940 à 1944.

Un lieu de mémoire dès 1944

Le 1er novembre 1944 dans toute la France libérée se tient une commémoration en hommage aux Résistants fusillés. A Amiens au stand de tir, devant une foule nombreuse une plaque est apposée, dédiée "Aux fusillés de la citadelle" avec pour inscription "Ici tombèrent sous les balles allemandes les patriotes français qui combattaient sous l'occupation pour la libération de la Patrie". Le boulevard de la citadelle est nommé "boulevard des fusillés" et le chemin de Menilmontant qui mène au stand de tir deviendra le passage des martyrs.

En août 1945  les 11 FTP  exécutés le 2 août 1943 sont célébrés, symboles de l’engagement du Parti communiste revendiquant d’être le « parti des fusillés ».

Des deux poteaux d’exécution, il ne reste aujourd’hui qu’un morceau protégé et installé uniquement lors des cérémonies.

Le site du poteau des fusillés se compose des vestiges du stand de tir, d’un jardin du souvenir réhabilité et à l’emplacement d’un des deux poteaux, une urne contenant de « la terre des camps d’extermination nazis ». Il n’est ouvert que pour les commémorations officielles et sur demande auprès de l’association « Centre de Mémoire et d’Histoire-Somme-Résistance et Déportation » qui y accueille les scolaires toute l’année et le public le 3ème samedi du mois.

Le poteau des fusillés 04 © Mairie d’Amiens

Le fragment de l'un des deux poteaux auxquels étaient attachés les condamnés à mort.