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Simon VOUET, "La Madeleine repentante" © Cry-Musée de Picardie

Simon Vouet, "La Madeleine repentante"

Simon VOUET, "La Madeleine repentante" © Cry-Musée de Picardie

Simon Vouet

La Madeleine repentante

 

La figure de Marie Madeleine constitue en réalité la synthèse de quatre saintes femmes citées dans les Écritures : Marie de Magdala, la première à rencontrer le Christ ressuscité, Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe, Marie l’Égyptienne, sainte ermite retirée au désert, et une pécheresse anonyme qui lave les pieds du Christ et les essuie de ses cheveux lors du repas chez Simon. Devenue au fil des siècles l’incarnation de la pécheresse repentie, considérée dès lors comme un modèle de la pénitence, Marie Madeleine fut l’une des figures favorites de la Contre-réforme : à une époque où l’Église catholique, alors très critiquée, visait à reconquérir les régions acquises progressivement à la cause protestante, Marie Madeleine illustrait en effet la force du sentiment religieux.

Les symboles d’austérité qui lui étaient généralement attachés rapprochaient par ailleurs ses portraits de la catégorie des vanités : la Croix, la Bible et le crâne représentés ici par Simon Vouet devaient ainsi évoquer la vie contemplative menée par la sainte femme. Cette effigie ambiguë, icône religieuse tout en volupté, pudique et sensuelle à la fois, était en outre toujours représentée resplendissante de beauté.

Elle revêtait ici vraisemblablement les traits de la première épouse italienne de Vouet, Virginia da Vezzo. Le cadrage de profil et la palette somptueuse adoptés par l’artiste tendaient à souligner le port de tête élégant et la douce beauté du modèle : le peintre prit le parti de la méditation poétique, loin des représentations exagérément dramatiques appréciées en son temps.