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L’histoire des horloges amiénoises

Alors que nous venons de passer à l’heure d’été durant la nuit du 28 au 29 mars, le trésor d’archives des Archives municipales et communautaires d’Amiens du mois d’avril s’intéresse à l’histoire des horloges publiques de la ville d’Amiens et à leur rôle social dans l’espace public amiénois.

Plan des horloges entretenues par la ville d’Amiens en 1900 © Archives municipales et communautaires d'Amiens_13Fi6256
Plan des horloges entretenues par la ville d’Amiens réalisé dans le cadre d’un projet d’unification des heures des horloges municipales, 1900.

01.04.2026

Les premières « horloges » sont en réalité des cloches qui sonnent pour indiquer l’heure des différentes prières au début du Moyen-Âge. Elles permettent à chaque individu de recevoir la même information et donc de synchroniser les temps de vie sociale. Les cloches vont progressivement indiquer d’autres informations : signaler le début d’une assemblée ou indiquer un danger par exemple. La première horloge mécanique publique de France est installée sur le Palais de l’île de la cité à Paris en 1370, à la demande du roi de France Charles V. A Amiens, la première horloge publique est certainement celle du beffroi installée dès la fin du XIVe siècle. Elle complète un cadran solaire déjà en place. Le beffroi et son horloge sont détruits à plusieurs reprises. Le mécanisme d’horloge du beffroi le plus documenté est celui installé par l’horloger amiénois Mauvoisin au XVIIIe siècle. Occupant près de 5m², il reste le même jusqu’à la destruction de l’horloge en 1940. Ce mécanisme bénéficie d’une réfection partielle effectuée par la maison Jean Wagner neveu en 1844. Preuve de la qualité du travail de Mauvoisin, la Maison horlogère Château frères et Cie indique dans un devis en 1938 que le mécanisme du XVIIIe siècle ne nécessite en aucun cas d’être changé en raison de sa qualité. L’horloge est si complexe qu’elle nécessite un remontage journalier effectué pendant une heure par le gardien du beffroi. Au fil du temps, d’autres horloges sont installées dans la ville pour permettre aux Amiénois de mieux maîtriser la mesure du temps.

Au XIXe siècle les principales horloges se situent sur l’hôtel de ville, sur les églises et les écoles. L’heure indiquée permet de synchroniser la vie civique, religieuse et scolaire de la ville d’Amiens. Après les bombardements des deux guerres mondiales plusieurs horloges sont abîmées et rapidement remplacées, preuve de leur importance dans le quotidien des Amiénois. Avec l’arrivée du train en ville, la gestion de l’heure devient un véritable enjeu de société. Pour preuve, en 1931, un libraire de la place Gambetta se plaint de la différence des horaires entre la gare et le centre-ville amiénois. Le maire lui répond alors que les horloges du centre-ville sont à l’heure légale (c’est-à-dire l’heure indiquée par la tour Eiffel) alors que la gare est à l’heure du chemin de fer. Il fallait donc être bien attentif pour ne pas arriver en retard. Cette différence d’heure entre les horloges était régulière à cette époque en raison du remontage manuel qu’il fallait effectuer de manière quotidienne, hebdomadaire ou durant les passages à l’heure d’été ou d’hiver, à partir de 1916. En 1931, l’horloger amiénois Guilbert indique qu’une différence de 5 minutes avec l’heure légale est correcte et qu’il est difficile pour les horlogers employés par la ville d’être plus précis. Les horloges avec remontage électrique, comme celle de l’hôtel de ville, restent rares au début du XXe siècle. Au fil des remplacements, les horloges bénéficient d’un mécanisme électromécanique qui permet une synchronisation et une uniformisation des horloges dans la ville, facilitant ainsi le quotidien des Amiénois.

Le Trésor d’archives est un plan édité en 1900 pour un projet d’électrification de toutes les horloges de la ville afin de faciliter leur remontage. Ce projet proposé par la maison Jean Wagner Neveu est abandonné en 1905 en raison de son coût. Le plan indique toutes les horloges dont la ville d’Amiens avait la charge en 1900. Les horloges militaires et ferroviaires ne sont pas indiquées car elles n’étaient pas gérées directement par la ville à cette période.

 

Le document : 

Cote archives : 13 Fi 6256

Date : 1900

Support : papier

Condition d’entrée dans les fonds : Versement

Conditions de conservation : A plat, dans une boîte adaptée.

Description : Plan des horloges entretenues par la ville d’Amiens réalisé dans le cadre d’un projet d’unification des heures des horloges municipales.

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