Le cimetière de Saint-Acheul
En ce mois de la Toussaint, le trésor d’archives des Archives municipales et communautaires d’Amiens s’intéresse à l’histoire des cimetières du quartier Saint-Acheul. En effet, trois cimetières cohabitent dans ce quartier : le cimetière Saint-Acheul « ancien », la nécropole militaire et le cimetière Saint-Acheul « nouveau ».
02.11.2026
En 1861, la mairie d’Amiens vote la construction d’un nouveau cimetière pour le quartier Saint-Acheul. À cette occasion, un terrain de 11 000 m² est acquis par la mairie en 1863. Il ouvre la même année pour remplacer l’ancien cimetière de l’abbaye Saint-Acheul. C’est un cimetière paysager qui prend modèle sur le cimetière de la Madeleine. En raison de son développement, l’espace est agrandi plusieurs fois : en 1869, 1886 puis 1900. En 1901, la ville acquiert de nouveau un terrain adjacent pour permettre son agrandissement sur le long terme. De nombreuses personnalités amiénoises sont inhumées en ce lieu : Joseph Pinchon (le créateur de Bécassine), Jean Catelas (cheminot arrêté en 1941 par le régime de Vichy) ou encore Maurice Vast (résistant et maire d’Amiens).
La Première Guerre mondiale va bouleverser la vie du cimetière Saint-Acheul. Dès 1914, de nombreux soldats décèdent dans les hôpitaux militaires de la ville d’Amiens. Ils sont inhumés au sein des différents cimetières amiénois, qui arrivent rapidement à saturation. Pour pallier cela, le conseil municipal décide d’utiliser les terrains acquis en 1901 pour accueillir les soldats décédés dans les hôpitaux de la ville. Par délibération du 14 décembre 1915, la plaine civile où les soldats étaient enterrés devient une plaine militaire à concession perpétuelle. 2200 tombes étaient déjà occupées à cette période. En 1916, l’État fait l’acquisition de ce terrain pour le transformer en véritable cimetière militaire. Après-guerre, en 1924, un monument aux morts est inauguré par le maréchal Joffre au sein de cet espace.
Le décès tragique de nombreux soldats à Amiens pendant la Première Guerre mondiale oblige la ville à trouver un nouvel espace pour les inhumations civiles. Dès 1915, la ville d’Amiens entreprend l’acquisition d’une nouvelle plaine de 63 000 m² à l’arrière du cimetière militaire. L’acquisition est officialisée en 1916 et l’aménagement du cimetière nouveau de Saint-Acheul est réalisé en parallèle. Ces travaux se poursuivent tout au long des années 1920, comme en témoigne la création de la conciergerie en 1928. Avec le cimetière Saint-Pierre, c’est l’un des derniers cimetières construits à Amiens.
Le trésor d’archives est une photographie datant de la Seconde Guerre mondiale. Elle montre la nécropole militaire du cimetière de Saint-Acheul après les bombardements de 1944. La nécropole n’a malheureusement pas été épargnée par les affres de la guerre.
Le document
Cote archives : 10Z3052
Date : 1944
Support : numérique
Condition d’entrée dans les fonds : Don de Gérard Mahiu
Conditions de conservation : sur serveur numérique
Description : Entonnoir d'une torpille tombée au cimetière militaire de Saint-Acheul lors des bombardements de la Pentecôte des 27 et 28 mai 1944 à Amiens.
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