Le développement du tourisme à Amiens
Nous célébrons cette année les 90 ans des premiers congés payés généralisés pour les Français. En effet, en 1936, le Front populaire est victorieux aux élections législatives. Cela mène à la création des premiers congés payés pour toutes les entreprises. Des centaines de milliers de travailleurs partent alors en vacances pour la première fois. Le Trésor d’archives des Archives municipales et communautaires d’Amiens du mois de juillet s’intéresse au développement des loisirs à Amiens après 1936.
01.07.2026
Même si 1936 marque la généralisation des congés payés dans la population française, plusieurs lois antérieures ont permis à certaines catégories de métiers de bénéficier de jours de repos payés par l’employeur. Un premier décret en date du 9 novembre 1853 instaure 15 jours de congés payés pour les fonctionnaires d’Etat. Par la suite, dès 1900, certaines entreprises du secteur privé (entreprises électriques et gazières, secteur de la couture notamment) instaurent des congés payés pour leurs salariés. Ces dispositions sont généralisées à tous les travailleurs avec la loi du 20 juin 1936. Ils bénéficient à partir de cette date de 14 jours de congés. Le décret d’application est signé le 1er août 1936. Ces lois sont complétées par le décret-loi du 12 novembre 1938 dont l’objectif est de faciliter le tourisme populaire et la culture afin de leur faire prendre un poids plus important dans l’économie du pays. Le ministère de l’Education, en charge de ces questions, souhaite également par ce biais une « amélioration de la condition physique du travailleur ».
A Amiens, les changements ne sont pas immédiatement perceptibles. Un recensement des touristes en 1936 indique qu’ils ont été moins nombreux qu’en 1935. Néanmoins, des initiatives privées indiquent une volonté de développer les loisirs dans la ville. Le comité local des loisirs d’Amiens est officiellement créé le 10 décembre 1936. L’objectif de ce comité est d’organiser des loisirs de différentes natures pour les Amiénois : conférences, concours de pêche et visite touristique notamment. On peut par exemple noter l’organisation d’une sortie « cyclotourisme » sur les champs de bataille de La Première Guerre mondiale en 1937. Ces sorties sont un condensé de la politique du Front populaire car l’on retrouve aussi bien des activités sportives qu’intellectuelles. L’accès à ces loisirs est facilité pour les populations les moins aisées grâce à l’utilisation de la bicyclette pour les sorties (le train restant un mode de transport coûteux). Outre ce comité, Amiens ne développe pas le tourisme immédiatement. En effet, dans un recensement des ressources touristiques de la ville en 1939, seuls trois hôtels à bas coûts sont identifiés dans la ville. A cette période, Amiens ne possède pas de camps de vacances, ni de logements adaptés à l’accueil des touristes en grand nombre. En 1937, le commissaire de police indique que les touristes viennent principalement pour visiter les champs de bataille à proximité. Cette même année, 1818 touristes sont recensés dans la ville. C’est véritablement après la Seconde Guerre mondiale que la ville d’Amiens développe l’accueil des touristes. On note notamment qu’en 1950, en pleine période de Reconstruction, 15 hôtels ont été remis à neuf, 1 est amené à disparaître, 1 est à rééquiper, 2 sont en construction et 3 sont à reconstruire. En 1951, Amiens profite de la Reconstruction pour se moderniser et développer l’accueil des touristes, notamment en éclairant les monuments emblématiques de la ville comme la cathédrale ou la façade de l’ancien théâtre. Le tourisme devient dès lors important dans l’économie de la ville.
Le trésor d’Archives est une photographie représentant le camping de l’étang Saint-Pierre à Amiens en 1987. Inauguré en 1956, il est un marqueur du développement touristique de la ville après la
Seconde Guerre mondiale. La création de ce camping devenait donc indispensable pour pouvoir accueillir les vacanciers. On peut noter que, dès 1938, des campeurs avaient souhaité s’installer dans la ville mais aucun terrain n’était disponible à cet usage, sauf des marais « plus propices aux rhumatismes qu’au développement de la jeunesse ».
Cote archives : 11 Fi 4671, Bernard Maison (photographe)
Date : 1987
Support : papier
Condition d’entrée dans les fonds : Versement
Conditions de conservation : Dans un classeur neutre.
Description : Camping municipal d’Amiens situé à l’étang Saint-Pierre en 1987
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