Le fonds égyptien refait surface
Une exposition d’objets triés sur le volet préfigure jusqu’à l’été 2027 l’espace Égypte attendu l’année suivante au Musée de Picardie.
29.04.2026
JDA 1151
Un objet a déjà trouvé sa place définitive. Ou plutôt « quelqu’un », précise Bénédicte Lhoyer, docteure en égyptologie et chargée de mission au Musée de Picardie. Il fallait donc que sa présentation « lui rende hommage ». La momie de Setjaimengaou acquise en 1839 – en pleine “égyptomanie” – pour attirer le chaland dans le jeune musée d’Amiens repose désormais avec ses cercueils exposés au-dessus et au-dessous d’elle. Au plafond, une voûte étoilée évoque les chambres funéraires égyptiennes. De toutes les pièces que présente l’exposition L’Égypte se transforme depuis le 11 avril et pendant plus d’un an, cette momie revenue de restauration en 2023 est donc la seule à être installée pour de bon. Car, comme le titre de l’expo le suggère, il s’agit pour le Musée d’une étape en attendant la finalisation en 2028 de son espace dédié à l’Égypte au sous-sol.
Un pot à khôl de -1710
Morceaux choisis
Cette exposition fait suite à un nouveau dépôt du Louvre (30 pièces) et à quatre ans de recherche dans les collections du Musée de Picardie. « Un état des lieux de nos connaissances, nos découvertes, nos restaurations, résume Pierre Stépanoff, son directeur. Nous avons désormais environ 700 pièces issues de cette civilisation. » À terme, 500 d’entre elles, pour certaines retrouvées dans les entrailles du Musée après avoir été attribuées par erreur à d’autres civilisations, seront visibles. Mais pour l’instant elles sont une soixantaine (outils cosmétiques, vases, coupes en albâtre…), « présentées comme elles ne l’ont jamais été et ne le seront jamais plus », aguiche Agathe Jagerschmidt-Séguin, la commissaire de l’exposition. Une mise en valeur éclairante des vestiges d’un monde qui ne laisse de fasciner.
Jean-Christophe Fouquet
L’Égypte se transforme, collections inédites et objets révélés
Jusqu’à l’été 2027 Musée de Picardie
amiens.fr/musee
La minérale Égypte de Flore
Le Musée de Picardie a pris l’habitude de faire dialoguer ses expositions temporaires avec des œuvres d’artistes contemporains. Cette fois, c’est à la photographe Flore, qui a passé une partie de sa jeunesse à Alexandrie, de présenter des tirages grand format de Polaroid « vaporeux comme des souvenirs » pris lors de ses retours en Égypte pour « retrouver la lumière de [s]on enfance, l’une des plus belles du monde ». Une Égypte minérale où le sable conjugué au flou photographique flirte avec l’impressionnisme, comme le montre aussi la photo en couverture de ce JDA.
Égypte éternelle, jusqu’au 3 janvier 2027, Musée de Picardie
Flore, (sans titre), série Alex Memories, 2025 (détail) tirage pigmentaire d’après Polaroid.