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Moins connue que sa grande sœur la gare du Nord, la gare Saint-Roch est en fonctionnement depuis près de 180 ans. Détruite à plusieurs reprises en raison des grands conflits qui ont jalonné le XXe siècle, elle accueille plus de 80 000 voyageurs chaque année. Le trésor d’archives des Archives municipales et communautaires d’Amiens du mois de septembre s’intéresse à la longue histoire ferroviaire de la gare Saint-Roch d’Amiens.

Vue des voies et du bâtiment voyageur de la gare Saint-Roch d’Amiens en 1885. © Archives municipales et communautaires d’Amiens_10Z411, fonds Maurice Duvanel
Vue des voies et du bâtiment voyageur de la gare Saint-Roch d’Amiens en 1885.

31.08.2026

Située place du Maréchal Foch à Amiens, l’emplacement était à l’origine dévolu au cimetière Saint-Roch. Comme d’autres cimetières contemporains de cette période, il est volontairement situé hors des murs de la ville. Néanmoins, sa localisation, à proximité du parc de la Hotoie, est rapidement considérée comme mauvaise et il ferme définitivement en 1818. Les sépultures sont alors transférées au cimetière de la Madeleine, nouvellement créé. Voyant le trafic ferroviaire s’intensifier, la Compagnie du chemin de fer du Nord loue les terrains laissés libres à la ville pour construire de nouvelles lignes ferroviaires et y installer une nouvelle gare : la gare Saint-Roch. Bien que les premières lignes soient mises en service en 1847 (ligne Amiens-Abbeville) et 1867 (Amiens-Rouen), la gare marchande n’ouvre ses portes qu’en 1875. Il faut attendre une année de plus, soit 1876, pour voir le bâtiment voyageurs être ouvert au public. L’emplacement de la gare est stratégique car elle se situe à proximité directe de la caserne militaire Friant et des usines du petit Saint-Jean. Elle devient un nœud essentiel pour la ville d’Amiens car elle répond à des besoins commerciaux de premier plan. En effet, elle est un lieu de déchargement et de chargement de marchandises nécessaires à la vie quotidienne et militaire. C’est pour ces raisons qu’elle a été une cible privilégiée des autorités allemandes durant les deux conflits mondiaux.

 

En mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, la ville d’Amiens est bombardée par l’armée allemande qui espère percer les lignes alliées. La gare est endommagée par les bombardements du 26 mars et du 23 avril 1918. Ce dernier cause la destruction du bâtiment central de la gare et le décès de nombreuses victimes : des cheminots, des civils mais également une vingtaine de soldats anglais qui seront ensuite enterrés dans le carré militaire britannique du cimetière Saint-Pierre. En 1919, le déraillement d’un train à proximité des voies fait 4 victimes et de nombreux blessés dans une gare toujours sinistrée. Elle est reconstruite et agrandie par la Compagnie du chemin de fer du Nord au cours des années 1920. Le 18 mai 1940, la gare est de nouveau bombardée. Elle est victime des premiers bombardements allemands sur la ville d’Amiens. Le bâtiment est une nouvelle fois détruit et des dizaines de morts sont à déplorer. On compte parmi les victimes deux cheminots et des soldats britanniques du 7e bataillon du Royal Sussex dont le train était stationné en gare. Ce régiment est connu en raison de la bataille qu’il a menée à Amiens le 21 mai 1940 contre les blindés du général Rommel. Après la Seconde Guerre mondiale, la gare est de nouveau reconstruite et inaugurée dès 1947.  Elle est l’œuvre de Pierre Dufau, architecte en chef en charge de la Reconstruction d’Amiens. Le bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques depuis juin 2020 car il est représentatif de l’architecture de la Reconstruction dans la ville.

 

Le trésor d’archives est une photographie de la gare Saint-Roch datant de 1885, soit moins de 10 ans après son ouverture au public. Elle nous montre la façade arrière de la gare et les aménagements réalisés pour accueillir les voyageurs. En plus d’accueillir les lignes Amiens-Rouen et Amiens-Abbeville, la gare Saint-Roch était le terminus de la voie ferroviaire départementale qui reliait Amiens à Envermeu, dans le département de la Seine-Maritime. Cette voie a été en activité de 1891 à 1947.