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Dans Niquer la fatalité, Estelle Meyer joue, danse et chante son histoire, avec en miroir celle de l’avocate Gisèle Halimi. Un récit au féminin pluriel à voir le 3 mars au Safran.

La déesse aux deux visages © Caroline Dubois
Niquer la fatalité a été nommé pour le Molière du seul(e) en scène en 2025.

11.02.2026

JDA 1144

Sous-titré Chemin(s) en forme de femme, la pièce théâtrale et musicale Niquer la fatalité trace deux parallèles. Celle de l’avocate engagée Gisèle Halimi, ardente défenseuse de la militante FLN Djamila Boupacha et de tant d’autres femmes, dont la jeune Marie-Claire, jugée pour avoir avorté suite à un viol, procès qui ouvrit la voie à la légalisation de l’avortement. Et celle d’Estelle Meyer, artiste aux 1 000 vies et visages, révélée sur scène et à l’écran, en librairie et à la radio. Dans ce spectacle, nommé pour le Molière 2025 du seul(e) en scène et accessible dès 12 ans, elle se raconte, de sa naissance à aujourd’hui, parcourant les premières fois qui ont jalonné son itinéraire de femme en un monologue destiné aux grands-mères et aux petites sœurs. Entourée d’un pianiste et d’un batteur, elle conçoit une œuvre totale, révoltée et sensuelle où il est question de survie.

De la tribune au théâtre

Qu’est-ce que naître et être femme, s’émanciper, s’appartenir enfin dans une société où chaque rôle semble déjà écrit ? C’est par le théâtre qu’Estelle Meyer invente « des mots et des rituels qui guérissent », construit « une mémoire » animée par « l’urgence de témoigner ». Et c’est Niké qu’elle invoque à travers le titre ce son spectacle, déesse grecque personnifiant la victoire. Allant puiser ce qu’il y a de l’avocate chez elle et ce qu’il y a de l’actrice chez Gisèle Halimi, la comédienne voyage entre les plaidoiries de celle dont « le combat, la route, les forces [lui] donnent du courage », ses confidences et des paroles revendicatrices adressées au public, des chants et de la poésie pour atteindre le sensible. Dans un commun espoir de trouver « la consolation, l’humour, l’entraide et de nouveaux rapports entre le masculin et le féminin », elle trace un chemin vers un avenir plus humain.

Candice Cazé

 

Niquer la fatalité

Le 3 mars, à 19h30

Le Safran

Suivi d’une soirée dansante avec Lady Janes

03 22 69 66 00

amiens.fr/safran