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STÈLE AUX TROIS PERSONNAGES © Marc Jeanneteau / Musée de Picardie

Stèle aux trois personnages

STÈLE AUX TROIS PERSONNAGES © Marc Jeanneteau / Musée de Picardie

Stèle aux trois personnages

IIe siècle apr. J.-C

Pierre calcaire de Saint-Maximin (Oise)
Provenance : Amiens (Somme),
marché au Feurre (1882)
Stèle trouvée en réemploi près de la muraille du IVe siècle, ce qui explique le trou de louve pouvant accueillir un élément de scellement en fer pour la juxtaposition de deux pierres
H. 118 cm ; l. 75 cm ; ép. 57 cm
Inv. M.P.88.3.96

 

Le bas-relief représente un défunt entouré de ses parents portant le costume indigène, placé dans une niche en cul-de-four. Le côté latéral droit, décoré de feuillages disposés en palmettes (feuilles d’acanthe), porte des traces de coloration tout comme les personnages de cette scène d’adieu. Ces stèles étaient en effet peintes en couleurs vives et contrastées. Sur le tympan gauche se dessine l’ascia (herminette), l’emblème funéraire apparaissant sur de nombreuses stèles, qui a pour but de consacrer la tombe et d’en assurer l’inviolabilité. Sur la droite est représenté un ciseau.

L’homme doit être le père de famille. Il revêt la célèbre pèlerine gauloise, la paenula (une tunique et un manteau à capuchon), endossée le plus souvent par des voyageurs. Il présente à son fils, habillé de deux tuniques, une corbeille contenant apparemment des fruits et des pains. La mère est couverte de la double tunique des hommes et d’un amict (sorte de foulard) dont les pans drapent le cou et les épaules. D’un geste affectueux, elle enserre de son bras gauche les épaules de son fils. Celui-ci tient dans sa main un gobelet, et un élément de balance est accroché au niveau de sa ceinture. Ce sont des marchands. On est tenté de voir la scène comme celle d’un père et d’une mère accompagnant dans l’au-delà leur fils défunt, lui remettant quelques provisions de route et lui témoignant leur affection.

Il s’agit de la plus importante stèle funéraire d’Amiens, où s’exprime toute l’habileté d’un sculpteur. L’organisation spatiale est équilibrée. Deux des personnages sont placés de trois quarts et évitent ainsi la frontalité monotone ; le positionnement juste des jambes donne une impression de mouvement tout comme les plis des vêtements qui animent cette oeuvre. Surtout, il faut souligner la qualité des portraits des deux hommes et le rendu pathétique de la scène où s’expriment la tristesse et la douleur : rides sur le front et aux commissures des lèvres du vieillard, yeux et visage statiques ; aucun des trois personnages ne regarde l’autre. 

Le sérieux du père s’oppose à l’adolescence rêveuse du fils.

N.M.